En 2017, les maisons anciennes d’étiquette énergie A-B se sont vendues en moyenne de 6% à 14% plus cher que les maisons d’étiquette D, c’est ce qui ressort de la dernière étude des Notaires de France sur la valeur verte des logements.

valeur verte logement

 

Qu’est-ce que la valeur verte ?

La France s’est fixé comme objectif de réduire d’au moins 15% la consommation énergétique finale des bâtiments en 2023. Or, selon une étude du ministère de la transition écologique et solidaire[1], le parc « ancien » de bâtiments résidentiels représente 60,7% des logements existants. Construits sans aucune obligation d’isolation thermique avant la première RT de 1974, la performance énergétique de leurs parois est restée longtemps approximative. Pour les logements antérieurs à 1970, la consommation serait de 200 kWh/m² (Classe E) contre 140 kWh/m² (Classe C) pour les logements postérieurs à 2006.

Face à ce constat, on comprend l’utilité du diagnostic de performance énergétique, permettant de mesurer la consommation d’énergie primaire par m² et par an d’un logement. Cette consommation d’énergie est alors exprimée sous forme d’étiquette allant de A à G, du plus performant au moins performant.

Ainsi, la valeur verte peut se définir comme traduction de la performance énergétique en valeur patrimoniale d’un bien. Son évaluation est importante puisqu’elle permet de concrétiser l’intérêt immobilier d’un bien par rapport à un autre au regard de sa consommation énergétique  Il serait à ce titre intéressant de pouvoir intégrer cette valeur verte directement au DPE afin de réellement sensibiliser les acheteurs et les vendeurs sur l’impact que peut avoir la consommation énergétique d’un bien sur son prix (aussi bien d’achat que de vente).  

 

Un impact direct sur le prix de vente

Cette nouvelle étude des Notaires de France permet de montrer l’impact de la performance énergétique d’un bien sur son prix de vente  En effet « dans toute les régions et par rapport à 2016, la décote liée à une mauvaise étiquette (F-G) tend à rester stable ou à augmenter ». A titre d’exemple, en Occitanie, les appartements d’étiquette énergie A ou B se sont vendus en moyenne 22% plus cher que les appartements de classe D, toutes choses égales par ailleurs. Même chose dans les zones tendues comme Paris, ou les appartements d’étiquettes A ou B se vendent en moyenne 10% plus cher que les appartements de classe D.

En comparaison avec l’étude de 2016, la répartition des étiquettes énergie s’est modifiée en 2017 : la part des moins bonnes étiquettes (F-G) diminue de 5 points alors que celle des meilleures étiquettes (A-B) augmente de 2 points. Selon l’étude, on peut expliquer cette augmentation d’une part par la démolition au cours du temps des biens les plus anciens, d’autre part, par le résultat concret de la politique de rénovation des logements anciens menée depuis quelques années.

 

La nécessité d’accélérer les travaux de rénovation énergétique pour tous les logements

Cette étude permet de mettre en avant des preuves solides montrant que l’efficacité énergétique est récompensée sur le marché français de l’immobilier. Si des travaux de rénovation peuvent sembler couteux aux premiers abords, ceux-ci ont un effet positif  sur le prix de vente du bien. En effet, au-delà du coût de réalisation des travaux, il est important de mesurer la rentabilité de ces derniers tant au regard de la facture énergie que désormais le contrat de vente !

Malgré tout, l’étude ne concerne que les propriétaires ou les futurs propriétaires. Au-delà, Il y a nécessité également  améliorer la rénovation énergétique du parc locatif. Le ministre De Rugy a en ce sens émis l’hypothèse d’une interdiction à la location des passoires thermiques.

Le but n’est pas de faire sortir du marché locatif les logements, mais d’accompagner davantage les propriétaires bailleurs vers l’amélioration leur bien tout en favorisant le confort énergétique des locataires. Cela renforcera la valeur verte du bien, tout en contribuant à diminuer sa consommation d’énergie.

 

 

[1] Les ménages et la consommation d’énergie, Mars 2017, Publication Théma, Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la Mer.