Jeudi dernier, le Réseau Action Climat, le Cler et l’ADEME ont lancé un nouvel observatoire climat-énergie visant à suivre la trajectoire des objectifs climatiques et énergétiques fixés dans la loi de transition énergétique, la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) ainsi que dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Le lancement de cet observatoire marque une nouvelle fois l’importance de récupérer des données fiables aussi bien pour orienter les politiques publiques que pour permettre aux acteurs de la transition énergétique de développer des offres en phase avec les besoins. Les données concernant la rénovation énergétique en sont ainsi une bonne illustration.

 

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Le ciblage des bâtiments : la nécessité de la donnée en amont 

La rénovation énergétique pâtit aujourd’hui d’un manque de ciblage des bâtiments les plus énergivores. L’état du parc de bâtiments, tant résidentiels que tertiaires est aujourd’hui mal connu. On peut donc se satisfaire de l’intégration d’un amendement dans le projet de loi ELAN visant à créer un observatoire des diagnostics immobiliers. Cet observatoire a notamment pour objectif de centraliser l’ensemble des diagnostics immobiliers (diagnostic de performance énergétique, diagnostics des installations électriques…) afin d’améliorer la connaissance des pouvoirs publics sur l’état du parc de bâtiment français mais également de mettre à la disposition des données précises aux acteurs de la rénovation (collectivités territoriales, professionnels…).

En effet, cet observatoire permettra une connaissance plus fine des bâtiments les plus énergivores, d’îlots se prêtant le mieux au déploiement d’opérations massives… avec toujours comme objectif un meilleur ciblage et un développement de services en parfaite adéquation avec les besoins.

 

Le suivi des objectifs : l’impératif de la donnée en aval 

Si la donnée en amont de l’état de performance des bâtiments est essentielle, il est nécessaire d’avoir un indicateur de suivi des objectifs d’efficacité énergétique et de réalisation de travaux de rénovation. On manque aujourd’hui d’informations précises et actualisées sur ce sujet. Ainsi, les derniers éléments publiés par l’Observatoire permanent de l’amélioration énergétique du logement (OPEN) mis en place par l’ADEME ne concernaient en janvier 2018 que les logements rénovés au cours de l’année 2014. Cette absence de suivi par l’État de cet objectif central de la LTECV constitue malheureusement en lui-même une indication sur le retard pris dans la mise en œuvre de ce volet de la loi.

Il est désormais nécessaire de développer un véritable observatoire de la rénovation énergétique. Il faut moderniser la collecte de données, mieux la mutualiser et la mettre à disposition de l’ensemble des acteurs. Cela permettra d’évaluer la politique de rénovation énergétique mais également de construire des indicateurs de prix moyens, des statistiques de travaux les plus effectués, de recenser plus globalement les pratiques de marché. La connaissance, le suivi et l’évaluation est indispensable pour une politique publique de la rénovation énergétique efficace.