La Commission de régulation de l’énergie a publié le 30 mai dernier une étude  commandée au Cabinet Ecubes faisant état des transformations majeures à venir dans le secteur de l’énergie. De la diminution de la demande énergétique, au développement des énergies renouvelables,  en passant par la prise de pouvoir du consommateur sur sa consommation, l’étude balaye toutes les évolutions potentielles du secteur énergétique.

transformation numérique

 

Vers une diminution de la demande d’électricité en France et en Europe 

L’étude part du postulat que la demande d’électricité diminuera, malgré l’augmentation des transferts d’usage significatifs vers cette énergie, notamment lié à l’électrification des transports. Il est vrai que la France connaît depuis quelques années une baisse lente de sa consommation d’électricité. Cette tendance est amenée à s’accentuer avec l’intensification des efforts d’efficacité énergétiques liés aux objectifs ambitieux de maîtrise de la demande en énergie aussi bien à l’échelle européenne qu’à l’échelle nationale.

A titre d’exemple, dans le cas de la France, la Loi de Transition énergétique pour la croissance verte vise une baisse de 50% en 2050 de la consommation d’énergie finale par rapport à 2012. Et le  rôle des politiques publiques en faveur de la rénovation énergétique est d’accompagner la mise en œuvre de cet objectif par des outils incitatifs tels que le (Crédit d’impôt transition énergétique, les certificats d’économies d’énergie ou encore les fiscalités a taux réduits pour les équipements performants).

 

La prise de pouvoir du consommateur sur ses consommations d’énergie

L’étude pointe le rôle majeur des nouvelles technologies telles que l’autoconsommation, dans la prise de contrôle du consommateur sur son approvisionnement énergétique et sa consommation. En effet, la Commission de régulation de l’énergie souligne que le consommateur particulier sera de plus en plus autoproducteur. Par ailleurs, celui-ci pourra se procurer de l’électricité sur des plateformes « peer to peer », lui permettant de sélectionner à son gré l’énergie provenant d’actifs de production identifiés et localisés.

En France, le cadre réglementaire a récemment évolué pour encourager l’autoconsommation individuelle résidentielle et d’après RTE, la capacité PV installée à des fins d’autoconsommation résidentielle devrait atteindre 9 à 13 GW en 2035 représentant 3,5 à 5 millions de foyers autoconsommateurs. Pour autant nous sommes encore très loin de ces chiffres  (23 000 foyers raccordés)  et là aussi les orientations des politiques publiques doivent permettre d’accompagner ce mouvement en complète rupture avec le système électrique centralisé en place depuis des dizaines d’années .

 

L’innovation comme accélérateur de la transformation du secteur énergétique

La décroissance des coûts des énergies renouvelables notamment des panneaux photovoltaïques et des batteries, contribuera au développement d’un mix énergétique largement décarbonné. A cette tendance, s’ajoute l’arrivée en force des technologies de l’information dans le secteur (big data, IoT, smart metering…) permettant un pilotage accru de la demande énergétique. Ces dynamiques refaçonnent à un rythme sans précédent les usages de l’énergie.

L’innovation est à la base de la diversification du secteur énergétique. Cette diversification permettra de favoriser l’émergence de nouvelles entreprises, contribuant à remodeler durablement le secteur de l’énergie en France.