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L’énergie : 2e poste de dépense des communes

Avec 227 000 bâtiments, dont 45 000 écoles et 30 000 édifices administratifs, le patrimoine des collectivités locales représente 76% de leurs consommations énergétiques.

C’est ce qui ressort de l’étude réalisée par CODA Stratégies pour le compte de la FFIE, du GESEC, du Gimélec et du SERCE, qui souligne l’enjeu financier pour les communes des consommations d’énergie, très souvent 2e poste de dépense des collectivités locales, après les charges de personnel.

 

Etat du parc et consommations : absence de vision globale

Malgré ce constat et l’évidence de l’enjeu financier, le parc des bâtiments des collectivités est pourtant encore trop souvent mal connu, et lorsque des informations sont disponibles, elles sont réparties entre différents services sans vision globale du parc intégrant le bâti, les équipements, les usages associés et les consommations.

Les audits énergétiques disponibles sont relativement anciens et pas réellement utilisés.

Certaines collectivités procèdent à un suivi et une analyse régulière de leurs consommations, disposant même parfois d’une supervision en temps réel des consommations de l’ensemble de leurs sites, mais dans la majorité des cas il n’y pas de suivi des consommations ou un suivi purement budgétaire. D’autant que les départs dans le personnel technique ne sont pas toujours remplacés (économe de flux par exemple).

Loin d’être un simple « état des lieux », la connaissance du parc et des consommations associées suppose également de s’intéresser aux modes d’occupation, aux plannings et aux besoins des usagers.

 

Ressources financières limitées : une contrainte pour passer à l’acte ?

Dans un contexte budgétaire fortement contraint, disposant de peu de marges de manœuvre et de faibles capacités d’investissement, les élus tendent à répondre en priorité aux demandes exprimées par leurs électeurs et mènent les actions les plus « visibles » (espaces verts, voirie…). A l’épreuve des arbitrages budgétaires, les services municipaux en charge de ces sujets peinent ainsi parfois à convaincre du bien-fondé des actions d’efficacité énergétique.

 

Des collectivités montrent l’exemple avec des résultats probants

Si les contraintes financières ne peuvent être ignorées, elles ne sauraient justifier l’immobilisme.

Ainsi des collectivités, fortement engagées sur la problématique environnementale, font la démonstration qu’il est possible d’agir et de réaliser des économies substantielles.

Les élus sont le plus souvent à l’origine du volontarisme de la démarche et y ont associé les services de la commune.

Grâce à une analyse approfondie du parc et des usages, ils identifient des gisements d’économies d’énergie souvent très importants, dont une grande partie est accessible avec des coûts d’investissement limités.

Dans le cas des bâtiments scolaires pour lesquels le Plan Bâtiment Durable a consacré un événement le 7 juin dernier, sensibiliser les élèves à la rénovation des bâtiments permet aussi d’en faire des « ambassadeurs potentiels de la performance énergétique, au-delà des murs de l’école ».

 

Volontarisme politique et moyens mis à disposition

Le décret du 9 mai 2017 relatif aux obligations d’amélioration de la performance énergétique dans les bâtiments existants à usage tertiaire requière des collectivités la définition d’objectifs de diminution des consommations énergétiques et la mise en place d’un plan d’actions.

L’obligation d’adopter un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) les incite également à agir.

Bien souvent, la contrainte budgétaire peut être levée par la mobilisation d’aides financières. En effet, des financements publics et privés particulièrement favorables ont été mis en place. CertiNergy accompagne ainsi les collectivités dans l’optimisation et la valorisation de leurs certificats d’économies d’énergie.

Le président Macron prévoit en outre un grand plan de rénovation des bâtiments publics, de l’Etat et des collectivités locales, d’un montant de 4 milliards d’euros.

En cumulant les aides disponibles, les communes peuvent diminuer fortement le coût d’investissement initial pour des actions de maîtrise de l’énergie.

On le voit, la transition énergétique est déjà engagée dans de nombreuses collectivités. Inspirons-nous des bonnes pratiques déjà mises en œuvre pour accélérer la transition énergétique au sein des collectivités.

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