rénovation énergétique effy flash info

 

Le gouvernement a présenté la semaine dernière plusieurs mesures en faveur des ménages en situation de précarité énergétique et pour la rénovation des passoires thermiques.

Pour autant ces annonces distillées en pointillé lors de la présentation en début de semaine, du plan de solidarité par Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, et du plan logement, par Jacques Mézard, le ministre de la cohésion des territoires, donne l’impression que sur ce sujet le gouvernement navigue à vue et que la vision d’ensemble reste à construire pour s’attaquer de manière massive à cet enjeu qui concerne des millions de français. Pour autant les premières propositions commencent à dessiner un cadre cohérent conciliant efficacité énergétique, climatique et…budgétaire

 

CITE : concentré sur les travaux les plus efficaces

 

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) sera prolongé en 2018 et concentré sur les travaux les plus efficaces en économies d’énergie.

Actuellement, les fenêtres, portes d’entrée et volets isolants constituent plus de 50% de l’enveloppe globale du CITE.

Le gouvernement souhaite le concentrer sur les opérations permettant aux ménages d’agir le plus sur leurs consommations d’énergie et de réduire le plus efficacement leur facture de chauffage. Ainsi les travaux d’isolation du logement et de changement de chaudière seront prioritairement soutenus.

Pour Effy, cette orientation va dans le bon sens, en soutenant les actions les plus efficaces.

En 2019, le gouvernement souhaite par ailleurs transformer le CITE en prime versée dès l’achèvement des travaux, alors qu’il faut actuellement attendre 1 an pour percevoir le crédit d’impôt.

 

Chèque énergie : une aide indispensable aux ménages mais qui reste curative

 

Le gouvernement a annoncé la généralisation en 2018 du chèque énergie, actuellement expérimenté dans 4 départements. Les tarifs sociaux pour le gaz et l’électricité seront ainsi remplacés par ce chèque énergie.

Son principal avantage est de pouvoir bénéficier à l’ensemble des ménages en situation de précarité énergétique quelle que soit leur énergie de chauffage (fioul et bois inclus).

L’expérimentation menée conclut à un taux d’utilisation du chèque supérieur à 78%, permettant ainsi une amélioration significative de l’atteinte de la cible en nombre de bénéficiaires.

Son montant s’élève à 150€ en moyenne (de 48 à 227€ en fonction du revenu et de la situation de famille). Il sera porté à 200€ en moyenne en 2019, en cohérence avec l’augmentation de la fiscalité carbone.

S’il constitue une aide financière indispensable aux ménages disposant de faibles ressources, le chèque énergie reste cependant une mesure curative, ne permettant pas une sortie durable de la précarité énergétique.

Lors du congrès du gaz, mardi 19/09, la DGEC a ainsi indiqué qu’1% seulement des chèques énergie ont été utilisés pour réaliser des travaux d’économies d’énergie.

 

Coup de pouce : concilier solidarité et action pour le climat

 

Nicolas Hulot annonce une réorientation du « coup de pouce » pour faire bénéficier d’une aide importante (jusqu’à 3 000 €) les ménages modestes et très modestes qui se débarrassent d’une vieille chaudière au fioul pour passer à une chaudière plus performante utilisant une énergie moins polluante.

Si cette intention est louable et la mise à la casse de ces chaudières bénéfique pour le climat, se pose tout de même la question du coût des travaux pour des ménages disposant de peu de ressources.

Selon le CEREN, près de 3 millions de ménages sont concernés en maisons individuelles. Afin de les accompagner véritablement dans cette conversion écologique et les aider à passer à l’acte, il serait pertinent de travailler sur la problématique du coût restant à la charge de ces ménages.

En outre, une question reste en suspens : que devient l’actuel dispositif « coup de pouce économies d’énergie » lancé par Ségolène Royal en février 2017, dont la charte d’engagement a été signée par de nombreux acteurs, permettant à près d’1 français sur deux de bénéficier jusqu’au 31 mars 2018 d’une prime exceptionnelle pour les aider à financer certains travaux d’économies d’énergie.

Ce dispositif sera-t-il maintenu, comme prévu, jusqu’au 31 mars 2018 ? Les partenaires de ce dispositif ont besoin de visibilité pour accompagner les particuliers dans leurs projets.

 

En résumé, si les annonces présentées la semaine dernière vont dans le bon sens, il manque une vision globale et cohérente de l’action du gouvernement en ce domaine. Espérons que la feuille de route sur la rénovation énergétique, attendue en octobre, donne un cap clair et les moyens de nos ambitions.

 

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