Bercy

Suite aux annonces du gouvernement, il y a 15 jours, sur les Plans Climat et Logement, le gouvernement a présenté la semaine dernière le Grand Plan d’Investissement de 57 milliards d’euros dont 9 milliards sont consacrés à la rénovation thermique des bâtiments (parc de l’Etat, des collectivités, des bailleurs sociaux et logements privés). D’autres annonces ont suivi avec la présentation du projet de loi de finances pour 2018 qui réforme notamment le crédit d’impôt transition énergétique pour l’orienter vers les actions les plus performantes énergétiquement.

Dans la présentation du PLF, la rénovation thermique des bâtiments est définie comme une « priorité nationale ». Pour autant, les mesures annoncées ces derniers jours sont-elles à la hauteur de l’enjeu ?

Lorsqu’on regarde dans le détail la ventilation des 9 milliards d’euros d’investissements consacrés à la rénovation des bâtiments, 4,8 milliards d’euros sont dédiés à la rénovation des bâtiments publics (Etat et collectivités) et 4,2 milliards d’euros à la rénovation des logements (dont 3 milliards pour le parc social). Il reste donc 1,2 milliards d’euros d’investissements en 5 ans pour la rénovation des logements du parc privé.

Compte tenu de l’objectif affiché du gouvernement de faire disparaître les « passoires thermiques » en 10 ans, une augmentation significative du nombre de chantiers de rénovation énergétique est indispensable. Cela ne pourra pas se faire uniquement en renforçant de 110 millions d’euros en 2018 les moyens de l’agence nationale de l’habitat (Anah).

Pour le groupe Effy, la feuille de route sur la rénovation énergétique que doit présenter Nicolas Hulot dans les prochaines semaines doit prendre en compte les complémentarités d’actions entre acteurs publics et privés, et le parcours de travaux des ménages.

Le Pacte Energie Solidarité aura permis, à la fin de l’année 2017, à 100 000 personnes de bénéficier d’une isolation gratuite pour plus de confort et faire des économies d’énergie.

La France compte plus de 7 millions de logements pas ou mal isolés. Les rénover en 10 ans ne pourra se faire sans une mobilisation de tous les acteurs.

Le Président de la République s’est engagé à mettre en place un audit gratuit pour les ménages en situation de précarité énergétique. La mise en œuvre rapide de cet audit est nécessaire pour aider ces ménages à identifier les travaux prioritaires à réaliser à leur domicile, les informer sur les dispositifs d’aide existants et les engager dans un processus de rénovation.

Il faut aussi accompagner et faciliter le parcours de travaux de ces ménages à chaque étape, en permettant des interventions successives et complémentaires entre les dispositifs publics et privés.

Au-delà des moyens indispensables à l’engagement de travaux de rénovation énergétique par des ménages disposant de faibles ressources, la réussite du Plan Climat passe aussi par une plus grande synergie et complémentarité entre acteurs publics et privés.

 

 

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