Lors du Congrès Nationale du Bâtiment Durable, l’ADEME a dévoilé sa nouvelle étude « TREMI » visant à analyser sur la période 2014-2016 la dynamique de rénovation énergétique des maisons individuelles. Cette étude présente un certain nombre d’enseignements concernant les travaux réalisés par les ménages, leurs motivations et recours aux dispositifs d’accompagnement à la rénovation. Décryptage.

enquête TREMI image

La dynamique soutenue du marché de la rénovation énergétique

Premier constat, entre 2014 et 2016, 5,1 millions de ménages en maisons individuelles ont réalisé des travaux de rénovation énergétique, soit 32% du parc de maisons françaises. Ces travaux de rénovation peuvent comprendre un seul ou plusieurs gestes. En tout état de cause, seul 25% des travaux réalisés sur les 5,1 millions de logements ont pu permettre de sauter au moins une classe de diagnostic de performance énergétique.

En matière de rénovation énergétique, il ne faut pas voir le verre à moitié vide. Si un ménage ne saute pas de classe DPE instantanément après avoir réalisé des travaux de rénovation énergétique, cela ne veut absolument pas dire que les gestes effectués n’ont pas eu d’impact. L’ADEME rappelle à juste titre que les classes énergétiques DPE expriment des fourchettes de consommation surfaciques ; Même si les travaux du logement ne permettent pas de changement de classe de DPE, ils contribuent à améliorer la performance énergétique du logement.

Après avoir réalisé un premier geste les ménages sont plus à même de se lancer dans de nouveaux travaux. L’étude révèle en effet qu’à la suite de premiers travaux, 73% des ménages considèrent qu’ils ont encore des travaux à réaliser dans leur logement.

 

Des postes de rénovation énergétique hétérogènes

L’enquête de l’ADEME révèle que sur la période analysée, les travaux ont permis la réalisation de 14.1 millions de gestes. En analysant ces chiffres, les ménages changent prioritairement leurs fenêtres (2.7 millions de logements), suivi de près par l’isolation des combles (2.3 millions de logements) et de l’isolation des murs (2.2 millions de logements).

On le voit ce sont les travaux d’isolation thermique qui arrivent sur le podium des travaux les plus réalisés. Cela montre que les particuliers rénovent dans le bon ordre. Une nouvelle isolation thermique réduit considérablement le besoin en chauffage d’une maison individuelle, l’isolation permet donc de mieux dimensionner les besoins en chauffage lors du remplacement de chaudière.

Par ailleurs, sur ces trois types de travaux, et notamment concernant l’isolation des combles, le gain de confort se fait immédiatement sentir. En effet, 83% des ménages estiment qu’après les travaux le confort thermique s’est amélioré et 61% estiment que cela a permis de réduire les dépenses d’énergie.

 

Le coût et le manque d’accompagnement reste des freins

Près de un tiers des ménages français ne réalisent pas de travaux de rénovation en invoquant un frein financier. Le coût moyen d’une rénovation dépensé par logement s’élève à 11 750€, ce qui est une somme conséquente, notamment pour les ménages modestes.

On pourrait penser que les ménages souhaitant réaliser des travaux se tournent vers les nombreux dispositifs d’aides existants. Cependant, près de 40% des ménages ayant réalisé des travaux n’ont pas bénéficié d’une aide financière.

En effet, les aides à la rénovation énergétique sont sous-utilisées par les ménages. Ainsi, à titre d’exemple seuls 14% des ménages ayant réalisé des travaux ont bénéficié du CITE (ex : CIDD). Cela montre une nouvelle fois qu’il est nécessaire d’informer et de faire la pédagogie des dispositifs existants pour que les ménages s’en emparent au mieux.

Par ailleurs, ce faible taux de recours aux aides à la rénovation énergétique pointe un manque d’accompagnement certain. En effet, 85% des ménages ayant réalisé des travaux n’ont pas bénéficié d’un accompagnement et d’information, par une structure dédiée, pour leur projet. A ce titre, les « conseillers FAIRE » sont très peu utilisés, moins de 8% des ménages les ayant sollicités.

Selon l’étude, ce sont les professionnels de la rénovation qui jouent un rôle « de conseil et de gestion des travaux », 85% des ménages ayant réalisé des travaux estiment que les professionnels par qui ils sont passé ont eu un « rôle de conseil efficace pour ces travaux ».

 

A la lecture de cette étude, nous pouvons tirer plusieurs conclusions :

  • L’entrée dans un parcours de rénovation peut se faire de manière simple à travers un premier geste. le principal enjeu est de les accompagner pour réaliser le deuxième et troisième geste…
  • L’enjeu global est de faciliter le parcours de rénovation du particulier, depuis le premier contact jusqu’à l’achèvement des travaux mais pour cela il est essentiel de créer des passerelles entre l’ensemble des acteurs de la rénovation énergétique aussi bien public que privé tant pour informer que pour distribuer les aides disponibles.