passoires énergétiques

 

Le gouvernement veut résorber le « trou de la sécu » en ramenant le déficit global de la sécurité sociale de 5,2 Mds€ cette année à 2,2 Mds€ en 2018, soit 3 Mds€ d’économies à réaliser.

Pour cela, la ministre de la santé, Agnès Buzin, a annoncé une série de mesures dont 1,6 Mds€ d’économies pour l’hôpital (fermeture de lit, réforme de la tarification à l’acte, développement de la médecine ambulatoire…). Sans doute oubliée, la rénovation des passoires thermiques constitue aussi une piste sérieuse et majeure de réduction de dépenses de santé !

 

Les passoires énergétiques creusent le « trou de la sécu »

 

Plusieurs études (ONPE, Fondation Abbé Pierre, Eurobound…) soulignent en effet le lien entre les situations de précarité énergétique et les problèmes de santé des personnes vivant dans des passoires thermiques.

Le constat est ainsi établi d’un nombre accru de maladies touchant les personnes habitant un logement ayant une classe énergétique F ou G. Ayant des difficultés à se chauffer dans des logements insuffisamment isolés, les 2,6 millions de ménages en situation de précarité énergétique (6,3 millions de personnes ainsi concernées) souffrent davantage du froid. S’agissant par ailleurs de logements anciens, souvent humides, avec des défauts d’aération, les risques de maladies sont accrus. La privation de chauffage est ainsi un facteur aggravant de survenance de maladies, courantes telles que les rhumes ou angines, ou plus lourdes telles que les bronchites ou l’asthme.

 

Rénover les passoires énergétiques permettrait d’économiser plus de 600 M€ par an en dépenses de santé

 

L’étude réalisée par Sia Partners pour le scénario Rénovons chiffre à 666 M€ par an le coût pour la sécurité sociale des maladies en lien direct avec la précarité énergétique, en comptabilisant le coût des consultations de médecins, les ordonnances de médicaments et autres dépenses de soins. En ajoutant les dépenses prises en charge par les mutuelles et celles financées directement par les ménages, le coût total pour la société grimpe à 758 M€ par an.

 

Au total 9,1 Mds€ d’économies seraient ainsi réalisables grâce à l’élimination des passoires énergétiques.

 

La commission européenne a récemment aussi souligné l’impact de l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments sur la réduction des coûts des atteintes à la santé, chiffrant les économies réalisables à plusieurs milliards d’euros. A l’heure où les députés examinent le projet de loi de financement de la sécurité sociale, à la recherche de nouvelles pistes d’économies, rappelons qu’on peut aussi réduire les dépenses de santé en traitant le problème des passoires thermiques.

Le gouvernement a dit vouloir faire de la rénovation de ces logements une priorité nationale, il faut maintenant passer de la parole aux actes.

 

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