BTP : des risques professionnels persistants

Poussières, solvants, bruit, travail de nuit... À l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité au travail, zoom sur une étude de Santé publique France qui révèle des niveaux d’exposition élevés aux risques dans le BTP, bien supérieurs à la moyenne des travailleurs.

Une filière très exposée, malgré les progrès

Le bâtiment reste l’un des secteurs les plus exposés aux risques professionnels en France. Une étude de Santé publique France, basée sur les données 2019, dresse un constat précis : les travailleurs du BTP cumulent de nombreuses nuisances, souvent à des niveaux supérieurs à ceux observés dans les autres secteurs.


Avec près de 1,7 million de professionnels concernés, la question de la prévention reste centrale pour toute la filière.

Artisan

Des expositions multiples et largement répandues

L’étude analyse neuf grandes catégories de nuisances : poussières, solvants, bruit ou encore travail de nuit. Elle montre que les expositions sont à la fois fréquentes et cumulées.


Le bruit reste la nuisance la plus répandue (62,1 % des travailleurs), suivi par les poussières de silice (39,2 %) et les laines minérales (29,7 %).


Mais au-delà de ces chiffres, l’enseignement principal est ailleurs : sur de nombreux chantiers, plusieurs risques coexistent. Les travailleurs peuvent ainsi être exposés simultanément à des poussières, des substances chimiques et des contraintes physiques. Cette multi-exposition renforce les effets de risque sur la santé.

 

 

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Un secteur plus touché que les autres

Comparé à l’ensemble des actifs, le BTP se distingue par des niveaux d’exposition nettement plus élevés.


Pour six nuisances sur neuf, les proportions d’exposés sont supérieures dans le bâtiment, notamment pour :


•    les poussières de silice et de bois 
•    les solvants pétroliers 
•    le formaldéhyde 
•    le bruit

 

Certaines catégories de professionnels sont particulièrement concernées. Les ouvriers qualifiés du gros œuvre et du second œuvre, les artisans indépendants (maçons, menuisiers, peintres, plombiers, électriciens) ainsi que les ouvriers non qualifiés intervenant sur chantier sont exposés à l’ensemble des nuisances étudiées.


Ces métiers de terrain, directement au contact des matériaux et des équipements, concentrent logiquement les expositions les plus élevées, contrairement aux fonctions d’encadrement, beaucoup moins exposées.


Dans ce contexte, la prévention demeure un enjeu structurant pour le secteur, indispensable pour concilier performance énergétique des bâtiments et conditions de travail durables.

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Melissa Goueslain

Spécialisée en rénovation énergétique, j’aide à décrypter l’actu du secteur, et vous partage les meilleurs conseils sur les aides et les travaux.

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