Autoconsommation : un modèle en pleine mutation
Le développement du solaire en autoconsommation franchit un cap. En France, des milliers de contrats de rachat du surplus arrivent progressivement à échéance… sans garantie de renouvellement. Une évolution qui pourrait transformer en profondeur le modèle économique des particuliers et des professionnels.
Des milliers de contrats bientôt sans rachat public
Aujourd’hui, plus de 780 000 installations en autoconsommation bénéficient d’un contrat de rachat pour leur surplus d’électricité. Mais les premiers contrats signés il y a 20 ans arrivent à leur terme.
Le calendrier est clair :
800 contrats expirent dès 2026 ;
3 000 en 2027 ;
100 000 en 2028.
Selon le médiateur de l’énergie, ces contrats « ne seront vraisemblablement pas renouvelés » avec EDF Obligation d’Achat. L’objectif des pouvoirs publics est de réduire le coût des énergies renouvelables, dans un contexte de maîtrise budgétaire.
Cette orientation se traduit déjà par une baisse des tarifs :
le rachat du surplus pour les petites installations (≤ 9 kWc) est passé de 12,7 à 4 c€/kWh en 2025 ;
pour les installations de 9 à 100 kWc, le tarif atteint 4,73 c€/kWh en 2026.
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Un enjeu industriel et de souveraineté européenne
Avec la fin progressive de l’obligation d’achat, les producteurs devront trouver d’autres débouchés. La revente de surplus pourrait se faire via des contrats de gré à gré avec des fournisseurs privés.
Certains acteurs sont déjà positionnés sur ce marché. Mais cette évolution inquiète. Le médiateur alerte sur un risque accru de litiges, notamment après les difficultés du fournisseur JPME, accusé d’impayés par des milliers de clients.
En 2025, 75 % des saisines recevables concernaient des autoconsommateurs liés à cet acteur. Un signal fort sur la nécessité de mieux encadrer ce marché émergent.
Quelles solutions pour sécuriser les producteurs ?
Plusieurs pistes sont évoquées pour accompagner cette transition :
mettre en place des acheteurs de secours, soutenus par l’État ;
harmoniser les offres de rachat pour plus de lisibilité ;
développer le stockage via des batteries ;
encourager l’autoconsommation collective
Des évolutions réglementaires sont attendues, mais pourraient ne pas intervenir avant 2027.
Une nouvelle logique pour le solaire résidentiel
Cette transformation marque un tournant : le modèle du solaire ne reposera plus uniquement sur la revente du surplus. À l’avenir, la rentabilité passera davantage par l’autoconsommation directe, le stockage et l’optimisation des usages.
Pour les particuliers comme pour les professionnels, l’enjeu est clair : mieux consommer sa propre production plutôt que compter sur sa revente.
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