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Biofioul : une filière en transition pour le chauffage au fioul

Publié le 10/11/2023 à 14h36, mis à jour le 14/11/2023 à 09h13

Depuis l’interdiction de l'installation de chaudières au fioul le 1er juillet 2022, la filière du fioul domestique cherche à se transformer pour proposer aux ménages chauffés au fioul un combustible compatible avec les enjeux de réduction des émissions de carbone. 

le colza, base de la production de biofioul

A la recherche d'un fioul "plus vert" : à base d'huile de colza ?

Plus de 3 millions de ménages, vivant essentiellement dans des maisons individuelles en territoires ruraux ou isolés, sont équipés d’une chaudière au fioul. En effet, le fioul permet de chauffer les logements qui ne sont pas reliés aux réseaux de chaleur ou de gaz naturel. Ces foyers sont donc concernés par l’interdiction de remplacer leur chaudière au fioul par une nouvelle depuis l’année dernière.

Un nouveau combustible pour respecter les seuils publics

Dans ce contexte de contrainte croissante sur les énergies fossiles, les différents acteurs de la filière se sont organisés pour proposer une alternative plus durable et faire perdurer ce moyen de chauffage. Ils ont donc mis au point le biofioul, composé de fioul domestique auquel on ajoute une part d’ester méthylique d’acide gras (Emag) de colza. Le nom du carburant dépend de la part d’EMAG de colza. Lorsque le biofioul contient 30 % d’EMAG, on parle de biofioul F30.

 

Aujourd’hui, c’est ce type de biofioul qui est principalement commercialisé. Comme il respecte le plafond d’émission de CO2, fixé à 300gCO2e/kwh PCI par le décret gouvernemental de 2022, il peut alimenter toutes les chaudières neuves dites “installées depuis.

 

Les professionnels de la filière mettent par ailleurs en avant d’autres avantages du biofioul par rapport au fioul traditionnel : une meilleure résistance au froid, une meilleure stabilité lors du stockage, une odeur moins forte, et une plante largement produite en France.

5000m3 : ce sont les ventes de biofioul F30 réalisées sur un an… contre 5 millions de m3 de fioul classique
Source : Fédération française des combustibles, Carburants et Chauffages (FF3C)
 

Quel impact pour les consommateurs actuellement chauffés au fioul ?

L’interdiction de l’installation de nouvelles chaudières n’empêche pas les foyers déjà équipés de faire fonctionner leur chaudière, ni de la faire réparer si elle tombe en panne. 

S’ils veulent réduire l’impact environnemental de leur chauffage, ils peuvent d'ores et déjà utiliser le biofioul F30, compatible avec les anciennes chaudières, à condition de faire changer le brûleur de leur chaudière. Cela représente un coût compris entre 500 et 1000€. 


Le litre de biofioul F30 est actuellement vendu autour de 1,45€, soit environ 10% plus cher que le fioul domestique classique. Il n’y a actuellement pas d’incitation financière prévue par l’Etat pour l’installation d’un brûleur compatible ni pour l’utilisation préférentielle de biofioul.

Des nouveaux produits en plein développement

Les acteurs de la filière travaillent sur de nouvelles compositions de biofioul pour répondre aux enjeux publics de plus en plus contraignants sur la réduction des émissions de carbone et de gaz à effet de serre : 

  • Le biofioul F50 : prévu pour 2025-2030, ce biofioul, pour moitié d’EMAG et pour moitié de fioul traditionnel, n’est pas encore disponible sur le marché ;
  • le biofioul F100 : d’ici 2040, le biofioul F100 devrait être composé intégralement d’EMAG de colza

L’objectif de la filière est de pouvoir installer des chaudières compatibles F30 qui pourront consommer du F50 sans intervention matérielle.
 

Un “verdissement du fioul” qui pose néanmoins de nombreuses questions

Les efforts déployés par les acteurs de la filière sont légitimes pour permettre aux ménages, notamment dans les zones isolées, de garder leur mode de chauffage… et tout simplement pour assurer aux professionnels une certaine continuité dans leur activité.

 

Néanmoins, les promesses d’un “fioul vert” sont encore largement à confirmer et pourraient être contrariées par la volonté du gouvernement de favoriser sans alternative les modes de chauffage plus écologiques, comme les pompes à chaleur ou le bois, et donc par l’absence d’aide financière pour tout ce qui concerne le biofioul. 

 

La Fédération française des combustibles, Carburants et Chauffages (FF3C), plaide sans succès depuis un an pour différencier la fiscalité du biofioul, actuellement semblable au fioul traditionnel : exonérer la la partie “colza” de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques qui s’applique à tous les carburants permettrait de rendre le biofioul compétitif face à son concurrent direct. Une demande restée pour l’instant lettre morte auprès du gouvernement. 

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