Prix du gaz : une accalmie en avril, avant une probable forte hausse en mai
Les consommateurs de gaz le savent bien : les tarifs peuvent faire le yo-yo en fonction des coûts d’approvisionnement. Le printemps est habituellement synonyme de repli des prix du gaz naturel, mais cette année, avec l’actualité au Moyen-Orient, ils pourraient bien subir une flambée à partir du 1er mai. On décrypte ensemble les différents signaux.
Avril 2026 : un répit bienvenu
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de publier le “prix repère du gaz”, comme tous les mois. Au 1er avril 2026, le prix du kWh affiche une baisse moyenne de 1 % pour les particuliers.
Ce répit est d’autant plus apprécié que le prix repère du gaz avait subi une forte augmentation (4 % en moyenne) le 1er mars 2026.
🔥À quoi sert le prix repère du gaz ?
Le prix repère est une grille de tarifs qui contient un prix d’abonnement et un prix du kilowattheure. Ils sont calculés à partir des différents coûts qui composent le prix du gaz : transport, acheminement, stockage, approvisionnement sur les marchés, coût de commercialisation. Cette grille sert aux différents fournisseurs à indexer leurs offres de gaz, depuis la disparition du tarif réglementé en 2023.
Sur les 10 millions de particuliers qui ont un compteur gaz, 60 % ont une offre indexée. Ce sont ces foyers qui verront donc leur budget légèrement diminuer au mois d’avril. Les clients avec une offre à prix fixe ne sont pas directement impactés par ces variations mensuelles.
de baisse sur le budget annuel, pour une famille consommant 12 MWh par an (chauffage d’une maison de 100m2 environ), sur un total de 1 530 €.
On peut se demander pourquoi le prix repère n’augmente pas fortement en avril, alors que les marchés sont au plus haut depuis un mois en raison de la crise pétrolière dans la région iranienne ?
En fait, les prix du gaz pour le consommateur ont un décalage de 2 mois avec les marchés, car les fournisseurs achètent en avance.
Mai 2026 : un risque de flambée des prix, qui pourrait durer
Cette accalmie devrait donc être de courte durée pour les consommateurs de gaz : le prix repère de mai intégrera pour sa part la forte hausse des prix de marché du gaz naturel initiée fin février. Roland Lescure, le ministre de l'économie, l'a indiqué dans ces termes : "l'impact de la crise pourrait être ressenti sur les factures énergétiques à partir du 1er mai".
Cette envolée est liée au blocage du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié.
En effet, le calcul du prix repère prend en compte les différents coûts. L’approvisionnement sur les marchés de gros représente environ 60 % du prix final hors taxes.
Les marchés ayant bondi de plus de 50 % depuis un mois, le prix repère sera fortement impacté, avec un décalage de 2 mois, conformément à la formule de calcul du prix repère qui prend en compte les achats en avance réalisés par les fournisseurs.
C'est la hausse du prix du kWh de gaz à laquelle on peut s'attendre pour le 1er mai.
L’augmentation exacte sera connue d’ici mi-avril, lorsque la CRE publiera le nouveau prix repère mensuel.
Le ministre de l’économie a tenté de rassurer les Français en rappelant que cette forte augmentation concernera une période où le chauffage est éteint : il estime l’impact mensuel à 10 € par mois.
⚡L’électricité devrait-elle subir le même sort ?
La production d’électricité en France provient majoritairement des centrales nucléaires (environ les deux tiers) et ne dépend pas des sources fossiles (pétrole et gaz naturel). Le tarif réglementé de l’électricité ne devrait donc pas grimper dans les mêmes proportions que le prix repère du gaz, ainsi que l’a indiqué le ministre de l’économie Roland Lescure.
Pour la suite de l’année, il est encore trop tôt pour se prononcer. La durée du blocage du détroit d’Ormuz déterminera si la hausse des prix du gaz en France sera passagère ou durable. Les consommateurs concernés peuvent ainsi espérer un reflux avant la prochaine période de chauffe.
Comment se prémunir contre la flambée de ma facture de gaz ?
Si votre contrat de gaz naturel est à prix fixe, vous êtes tranquille jusqu’à l’échéance. Pensez seulement à vérifier la date de terme et, lorsqu’elle approche, renseignez vous sur les nouveaux tarifs applicables.
Si votre contrat de gaz est à prix indexé, consultez votre prix actuel et surveillez les actualités de la CRE qui vous indiqueront la hausse effective. Comparez votre offre avec les autres offres disponibles, par exemple sur le comparateur de prix du Médiateur national de l’énergie.
- Et pour faire baisser dans la durée vos factures d’énergie, et moins dépendre des fluctuations extérieures, tournez vous vers la rénovation énergétique, qui permet de diminuer les besoins énergétiques de votre logement. De nombreuses aides financières sont disponibles pour faire baisser le reste à charge pour vos travaux d’isolation thermique et de changement de mode de chauffage.
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