C’est quoi ce leasing de pompes à chaleur que vient d’annoncer le Gouvernement ?
Vendredi dernier le Premier ministre a dévoilé les grandes lignes du plan électrification attendu depuis plusieurs semaines. Un plan visant à éradiquer le gaz des logements français en plaçant la pompe à chaleur au centre de la nouvelle politique de rénovation énergétique de la France. Décryptage.
Un plan électrification pour se sevrer du chauffage au gaz
Le logement était à l’honneur des annonces de Sébastien Lecornu, avec un mot d’ordre : accélérer la sortie du chauffage au gaz en faisant du « chauffage électrique la norme, là ou il est encore l’exception ». A commencer par l’annonce de la fin de l’installation des chaudières gaz dans les logements neufs dès la fin de l’année 2026. Une interdiction en réalité déjà en vigueur grâce à la RE2020, mais qui permettait encore l’hybridation des modes de chauffage. L’annonce du Premier ministre devrait donc entrainer une révision de la RE2020 afin d’accélérer l’interdiction de l’hybridation, en particulier dans le collectif neuf.
Pour remplacer les chaudières fossiles – gaz et fioul – le Gouvernement mise sur l’installation massive de pompes à chaleur. Alors que la plan PAC de 2024 fixait un objectif de 1 million de pompes à chaleur produites en France à horizon 2027, le plan électrification va plus loin en fixant l’objectif d’installer un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030. Un objectif ambitieux alors que l’an dernier selon Uniclima environ 180 000 PAC résidentielles ont été vendues. La réussite de ce nouvel objectif d’un million dépendra toutefois de la demande des ménages ainsi que des capacités de production françaises. Rappelons que le Coup de chauffage pour l’installation d’une PAC sera conditionnée à compter de septembre 2026 à un critère de préférence européenne.
Un "leasing" pour massifier l’installation de PAC
Depuis les annonces de Sébastien Lecornu, les ministres en assurent le SAV afin d’en dévoiler les détails. A commencer par la ministre chargée de l’Energie qui dès vendredi soir annonçait dans Le Parisien une nouvelle aide surprise pour favoriser l’installation de PAC chez les ménages modestes, présentait sous la forme d’un "leasing social". Ce dispositif doit permettre de lisser sur une période de 3 ans le montant du reste à charge de la PAC, après déduction des aides, dont une nouvelle aide propre au leasing qui pourrait aller jusqu’à 2 000€.
Au travers ce mécanisme, le Gouvernement souhaite offrir aux ménages les plus modestes la garantie que leur PAC sera amortie en moins de 3 ans. Concrètement l’aide au leasing doit permettre de garantir que le coût de la facture d’électricité de la PAC + du reste à charge mensualisé de la PAC soit égal ou inférieur aux économies réalisées par rapport à l’ancienne facture d’énergie fossile. A l’issue des 3 ans, le ménage ne paiera plus que le coût de sa facture d’électricité pour sa PAC, pour un montant jusqu’à 3 fois inférieur au montant équivalent pour une facture gaz.
Une forme hybride de leasing qui demande des précisions
Si cette mesure du Gouvernement porte le nom de leasing, il s’agit en réalité d’une mensualisation sur 36 mois du reste à charge de la PAC. Reste que cette mesure avancée par la ministre chargée de l’Energie occulte encore tout un pan des pistes de réflexion remontées en GT Bâtiments : offre entretien de la PAC, suivi des économies d’énergie, valorisation de la flexibilité de la PAC. Et qu’à l’inverse la proposition du Gouvernement place en son centre les fournisseurs d’électricité alors même que cette piste ne ressortait pas particulièrement de la synthèse du GT Bâtiments.
Le financement (et le coût) de ces offres liées méritera ainsi d’être précisé à l’occasion de la sélection des acteurs agréés pour proposer cette offre de leasing. Car pour conduire ce leasing social de PAC le Gouvernement prévoit de recourir à un appel à projets pour sélectionner les consortiums d’opérateurs retenus (installateurs, banques, fournisseurs d’électricité…). Sur ce point Effy appelle au lancement avant l’été de cet appel à projets afin que l’offre soit déployée dès la rentrée.








