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Aides à la rénovation : la filière de la boucle à eau chaude appelle à davantage de stabilité

Par Rose Colombel

Publié le 01/12/2021 à 11h58, mis à jour le 12/12/2021 à 09h07

Energies & Avenir organisait ce mardi 30 novembre un webinaire consacré à la rénovation énergétique des bâtiments. Parmi les demandes formulées par l’association, le retour des chaudières gaz THPE dans le dispositif MaPrimeRénov’ pour les ménages les plus modestes et un montant d’aides plus important en faveur des équipements hybrides.

« Nous nous tournons vers une électrification massive de notre mode de vie dont le chauffage semble ne pouvoir échapper », a introduit le député européen Christophe Grudler, lors d’une conférence de presse organisée mardi 30 novembre par Energies & Avenir.

 

Il a ainsi appelé la filière de la boucle à eau chaude à « prendre le pas dans cette révolution climatique ». Car si les mesures politiques et législatives en faveur de la transition énergétique se succèdent et se renouvellent, la réponse doit également venir du marché. Les solutions doivent évoluer pour être « les plus durables et les plus efficaces possible ».

L’hybridation pour réunir « le meilleur des deux mondes »

Joël Pedessac, Directeur général de France Gaz Liquides et porte-parole de l’association Energies & Avenir, a souligné que la filière ne manquait pas d’innover. Les équipements à eau chaude permettent d’ores et déjà d’intégrer la chaleur renouvelable.

 

Il a estimé que la transition énergétique ne pourra se faire « qu’avec un mix énergétique diversifié » et a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur les systèmes hybrides.

 

Mais pour démocratiser l’usage de ces nouvelles technologies, encore faut-il les accompagner davantage. Joël Pedessac a en effet regretté que, dans le cadre de travaux de rénovation énergétique, ces systèmes ne soient pas plus subventionnés, alors même qu’ils coûtent plus cher.

Réintégrer les chaudières gaz THPE dans MaPrimeRénov

D’une manière plus générale, Energies & Avenir souhaiterait que les chaudières gaz THPE soient réintégrées à MaPrimeRénov’ (MPR) pour les ménages les plus modestes. Ces systèmes équipent plusieurs millions de foyers, a précisé Joël Pedessac. « Un changement de chaudière peut permettre jusqu’à 40% d’économie d’énergie ».

 

L’association appelle aussi à une stabilisation des aides pour « donner de la visibilité aux industriels » ; une visibilité indispensable pour réaliser les investissements matériels et humains nécessaires.

 

Quant aux Certificats d’économies d’énergie (CEE), « ces quatre dernières années, onze textes se sont succédé. C’est un dispositif en perpétuelle évolution et les acteurs doivent s’adapter en permanence », a pointé Joël Pedessac. « Le coup de pouce chauffage a été arrêté pour des questions budgétaires alors qu’il avait créé une certaine dynamique. Ce stop and go est très défavorable aux artisans qui sont les principaux relais de la rénovation. Il leur est parfois difficile d’intégrer tous ces changements et manquent de perspectives pour conseilleur leurs clients », a-t-il poursuivi.

Comment accélérer la rénovation énergétique ?

Si l’on souhaite accélérer la rénovation énergétique, « nous avons besoin de changer d’échelle », a avancé Joël Pedessac. Il n’est pas question ici de ne privilégier que les rénovations globales. Energies & Avenir défend plutôt l’idée d’un parcours de rénovation à travers des gestes simples pour « y aller progressivement, ce qui permettrait aux acteurs d’avancer plus sereinement ». Cela implique bien sûr de pérenniser les aides et les conditions d’éligibilité.

 

Interrogé sur « Mon Accompagnateur Rénov’ », il a indiqué que l’association était en faveur d’une meilleure communication vis-à-vis de l’utilisateur final « souvent perdu par la complexité et la variation des aides ».

 

Le dispositif semble ainsi aller dans le bon sens à quelques détails près. Energies & Avenir estime nécessaire de relever le seuil de 5 000 € à partir duquel le recours à l’accompagnateur serait obligatoire. « Pour un changement de chaudière avec la main d’œuvre, on est souvent à ce prix-là. L’obligation pour des gestes simples est un frein à la massification et à l’accélération de la rénovation énergétique », a insisté Joël Pedessac. Le dispositif devrait ainsi se concentrer sur les rénovations globales « plus complexes » ou sur les opérations avec plus de deux gestes.

 

L’association indique finalement que la priorité reste de diminuer le reste à charge des ménages pour « faciliter le passage à l’acte ».

Rose Colombel

Journaliste pour Effy

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