Bilan Uniclima : quels équipements ont été plébiscités en 2025 ?
Uniclima, le groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques, a publié en février son bilan de l’année 2025. L’occasion de revenir sur une année marquée par un contexte tendu, ainsi que des perspectives encourageantes pour l’avenir. On vous résume les conclusions de ce bilan.
Moins de chantiers en 2025
L’année 2025 se sera traduite par une conjoncture tendue pour le marché du bâtiment, avec « des autorisations de construction de logements individuels neufs, inférieures de plus de 21 % à la moyenne des cinq années précédentes, un recul des rénovations énergétiques et une instabilité persistante des aides publiques », détaille le bilan Uniclima.
Des facteurs qui se sont répercutés sur les ventes d’équipements. Pourtant, certains segments résistent à ce courant, portés par des tendances positives.
Une bouffée d’air frais pour les pompes à chaleur air-air
Dans l’univers des pompes à chaleur, les résultats sont variables d’une technologie à l’autre. Les modèles géothermiques sont ceux qui enregistrent le recul le plus marqué, avec -6,2 %, du fait « d’un manque de foreurs qualifiés et de coûts d’installation élevés ».
Les pompes à chaleur air-eau voient également leurs ventes baisser de 1,8 % sur l’année, mais ce chiffre cache une année en dents de scie, alternant entre des périodes d’incertitude liées au contexte politique - retard du vote du budget et suspension du parcours Rénovation d’ampleur de MaPrimeRénvo’ - et de reprise.
Ce sont les pompes à chaleur air-air qui connaissent la plus belle croissance sur 2025 : les modèles à petite puissance (moins de 17,5 kW) enregistrent une hausse de 1 %, atteignant plus de 800 000 unités vendues. Cet élan positif est principalement porté par un second semestre dynamique, impacté par des épisodes de canicule qui ont convaincu les propriétaires de s’équiper.
📍 Le chiffre à retenir :
Les modèles plus puissants de pompes à chaleur air-air, soutenus par l’application du décret tertiaire - qui impose aux bâtiments à usage tertiaire de réduire progressivement leur consommation énergétique, enregistrent eux une hausse de 9,3 % !
Les chaudières biomasse tiennent le cap
Le segment des chaudières gaz et fioul recule ainsi de 5,2 % par rapport à 2024, car il concentre désormais presque uniquement le remplacement d’anciens appareils. « La chaudière gaz conserve sa pertinence dans le logement collectif en chauffage individuel en lien avec les contraintes techniques bien identifiées, tandis que les chaudières fioul subsistent principalement en résidentiel en zones rurales, sur des volumes faibles », explique Uniclima.
À l’inverse, la vente des chaudières biomasse, reconnues comme une solution alternative ou complémentaire aux pompes à chaleur, est en hausse de 3,7 %. Et ce, malgré une baisse des aides en 2025, aussi bien MaPrimeRénov’ que le Coup de pouce CEE, et l’annonce de l’exclusion de ces appareils du parcours par geste de MaPrimeRénov’ en 2026.
Le solaire thermique est délaissé : il enregistre -18,6 % sur l’année 2025. Et cette tendance risque de se confirmer en 2026, après l’annonce de la suppression des cumuls possibles sur les CEE pour les hybridations système solaire combiné et pompe à chaleur, ou système solaire combiné et biomasse.
Le collectif booste les ventilations
Du côté des systèmes de ventilation, on observe une différence de dynamique entre les logements individuels, en baisse, et le collectif et tertiaire, en hausse de 1,5 % sur les VMC simple flux et de 4,4 % sur les modèles double flux.
Le marché de la rénovation en logement individuel reste dominé par les VMC simple flux, « plus accessibles à l’achat mais énergivores à l’usage », avec plus de 900 000 unités vendues en 2025 (-2,8 % par rapport à 2024). Les ventes de VMC double flux enregistrent leur niveau le plus bas historiquement, avec -5,5 %, dans la continuité d’une baisse engagée depuis 2023.
Une tendance expliquée par « la baisse de MaPrimeRénov’, le recentrage des soutiens publics sur l’isolation au détriment de la ventilation, et la dégradation du pouvoir d’achat, conjuguée à la hausse du coût des travaux ».
Des ambitions fortes pour les pompes à chaleur
En se projetant sur l’avenir du secteur, Uniclima « se réjouit de la publication de la Stratégie Nationale Bas Carbone 3 » en décembre dernier, « qui fixe une trajectoire ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».
Elle souligne notamment la place accordée à la pompe à chaleur pour remplir les objectifs de décarbonation du chauffage, avec notamment l’installation de 8,8 millions de pompes à chaleur d’ici 2030. Mais l’organisme souligne « que les conditions de marché ne sont pas aujourd’hui réunies » pour atteindre cette ambition, et met en avant les freins techniques à ces installations : « contraintes de place, interventions en zones rurales reculées, besoins en haute température en climat froid ou en altitude ».
Dans son bilan, Uniclima déplore également que certains équipements ne soient pas plus mis en avant dans les objectifs de décarbonation et de performance énergétique du gouvernement, notamment la ventilation mécanique, le solaire thermique et les chaudières biomasse.
👉 Ce qu’il faut retenir :
➡ Hausse des ventes pour les pompes à chaleur air-air, notamment dans les bâtiments tertiaires (+ 9,3 %), tandis que les modèles géothermiques ont du mal (- 6,2 %)
➡ Les chaudières biomasse s’imposent comme une solution efficace de décarbonation, avec une hausse de 3,7 % des ventes
➡ Côté VMC, les modèles pour logements individuels voient leurs ventes baisser sur 2025, mais le collectif et tertiaire a une dynamique positive
Uniclima est un groupement rassemblant 92 marques et 69 sociétés ou groupes dans différents secteurs d’activité : chaudières et brûleurs gaz ou fioul, radiateurs à eau chaude, énergies renouvelables (chaleur solaire et chaudières biomasse), pompes à chaleur, froid et climatisation, ventilation et traitement d’air des bâtiments, filtration et épuration de l’air.








