Besoin d'aide ?

Du lundi au vendredi de 9h à 18h
(prix d'un appel local)

Déchets du bâtiment : le secteur se mobilise et lance Valobat

Par Rose Colombel

Publié le 06/07/2021 à 14h09, mis à jour le 07/07/2021 à 12h55

La loi AGEC rend obligatoire la mise en place, dès le 1er janvier 2022, d’une filière de recyclage pour les produits et matériaux de construction. Alors que le bâtiment génère 46 millions de tonnes de déchets par an, *26 entreprises s’associent pour lancer Valobat. L’organisme aura notamment pour mission d’accélérer la transition du secteur vers une économie circulaire.

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) prévoit la création de nouvelles filières REP (Responsabilité Elargie du Producteur) dès le 1er janvier 2022, parmi lesquelles, la REP Produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB).

 

Son objectif ? Rendre la collecte plus efficace, renforcer la lutte contre les dépôts sauvages, trier les déchets à la source et parvenir à la gratuité de la reprise de ces déchets.

 

C’est dans ce contexte que 26 acteurs du secteur du bâtiment se sont associés pour lancer Valobat, un éco-organisme multi-matériaux.

 

Valobat Associés

 

Un chantier titanesque

Lors d’une conférence de presse, le 2 juillet dernier, Hervé de Maistre, pilote du projet, a présenté les ambitions de l’entité :
 

 

  • Prendre en charge la gestion de fin de vie des PMCB
  • Apporter un service adapté aux détenteurs de déchets
  • Développer des filières de valorisation
  • Accompagner l’évolution des pratiques

 

 

Il a également rappelé que le secteur du BTP génère 240 millions de tonnes de déchets par an, dont 46 millions correspondent à l’activité « bâtiment ». 49% de ces déchets proviennent de la démolition, 38 % de la réhabilitation et 13 % de la construction neuve (source : ministère de la Transition écologique).

 

Le taux de recyclage atteint 69% grâce notamment à la bonne gestion des déchets inertes. Les déchets du second œuvre ne sont quant à eux recyclés qu’à 26%.

 

Interrogé sur le coût de la REP, il a confirmé l’estimation de 3 milliards d’euros. Un montant qui devra être supporté par les metteurs sur le marché et qui aura pour conséquence une hausse des coûts de production. « Cela devrait se traduire par une inflation pour les maîtres d’ouvrage », a-t-il admis. 

Impliquer l’ensemble de la chaine de valeur

La pleine réussite du projet repose sur l’implication des différentes parties prenantes, a insisté Hervé de Maistre. Ainsi, producteur, distributeur, artisan/déconstructeur, spécialiste dans la gestion de déchets, acteur du recyclage… sont invités à participer à ce mouvement visant à transformer le secteur en profondeur.

 

Les particuliers sont également concernés puisqu’ils sont à l’origine de 20% des déchets issus de chantiers de construction/rénovation.

Faire des déchets, une ressource

A travers ses actions, Valobat souhaite accélérer l’économie circulaire dans le secteur du bâtiment et sortir du schéma « extraire, fabriquer, consommer et jeter ».

 

Le but est également d’éviter les situations de dépôts sauvages, « qui pèsent pour près de 400 millions d’euros sur le budget des collectivités », a relevé Hervé de Maistre. Pour lutter contre ce phénomène, il a souligné la nécessité de « créer de nouveaux points de collecte professionnels, municipaux voire spécifiques ». Le secteur doit en effet pouvoir disposer d’un maillage territorial fort.

 

Valobat Logo 350

 

En ce sens, Valobat souhaiterait initier une concertation à l’échelle de chaque territoire pour déterminer les solutions de gestion des déchets

« les plus adaptées localement » et se positionner ainsi comme :
 

 

  • Un facilitateur pour les artisans du bâtiment
  • Un partenaire de proximité
  • Un éco-organisme « efficace et réactif » dans ses services apportés aux collectivités.

600 000 entreprises concernées

La REP bâtiment devrait concerner 600 000 entreprises, avance Valobat.

 

Pour être au plus près du terrain, 9 comités de secteur représentant tous les produits ont été mis en place au sein de l’éco-organisme : bois, matériaux inertes, menuiseries-parois vitrées-produits connexes, métaux construction, métaux équipements, plastiques rigides-membranes-isolants plastiques, plâtres et mortiers, laine minérale, revêtements de sol.

 

Les 26 associés à l’origine du projet se veulent « leaders sur leur secteur » et pas seulement en termes de CA. « Ils ont su donner une impulsion. Ce sont des acteurs de cette économie circulaire ».

 

D’autres acteurs pourront venir se greffer au projet, l’actionnariat étant ouvert. Hervé de Maistre a notamment indiqué que la filière bois n’était pas encore représentée au sein de Valobat. La définition de « metteur sur le marché » n’étant pas encore bien précisée.

Accélérer le mouvement

Valobat compte s’appuyer sur les initiatives existantes. « Le secteur est en ébullition. Il faut s’appuyer là-dessus ». En effet, nombreuses sont les sociétés à avoir entrepris des démarches pour améliorer leur bilan carbone, a-t-il noté. Pour intensifier le mouvement, il suffit de donner plus de moyens aux acteurs, a estimé l’ancien directeur général d’Isover-Placo.  

Se préparer pour l’échéance

Des précisions sur la REP bâtiment doivent encore être apportées par le Gouvernement, notamment en termes de cahier des charges. La publication du décret est attendue pour le mois d’octobre.

 

Valobat déposera sa demande d’agrément au cours du second semestre 2021. « Nous avons 6 mois pour faire ce que d’autres REP ont réalisé en 18 mois », a conclu Hervé de Maistre.

 

* Les 26 associés sont : Aliaxis, BMI Monier, Elydan, Etex, hansgrohe, Fayat Metal, Forbo, Gerflor, Groupe Briand, L’enveloppe métallique du bâtiment, Knauf, Knauf Insulation, Isover, Legrand, Nexans, Placo, Prysmian Group, Rexel, Rockwool, Saint-Gobain Bâtiment Distribution France, Schneider Electric, Siniat, SNFA, Soprema, Tarkett, UFME.

Rose Colombel

Journaliste pour Effy

Plus d’articles sur ce thème