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[Interview] La rénovation, une affaire de famille chez BCI

Par Rose Colombel

Publié le 20/01/2022 à 09h25, mis à jour le 22/07/2022 à 13h40

Partenaire Effy depuis 2018, BCI est une entreprise spécialisée dans les travaux d’isolation et l’installation de pompes à chaleur. C’est en 2017 que Brice Aloth fait le choix de s’associer avec son cousin. Mais comment réussir le pari de travailler en famille ? Il vous partage son expérience et ses conseils.

Jérémy et Brice - BCI

 Jérémy Poret et Brice Aloth ©Philippe Barbosa

 

Comment l’aventure BCI a-t-elle débuté pour vous ?

 

Au départ, nous étions 3 associés : mon cousin Jérémy, un ami et moi. Lorsque nous avons racheté l’entreprise à mon oncle, nous étions tous des passionnés de rénovation. Mais nous n'étions pas issus de ce milieu : mon cousin Jérémy était sportif de haut niveau et je venais de l’informatique. Cependant, nous avions tous envie de travailler ensemble et partagions le même projet : créer une petite structure nous permettant d’assouvir nos passions respectives en dehors du travail.

 

Au début, nous avons donc simplement commencé à vendre et installer du matériel d’isolation. Mais l’entreprise s’est développée rapidement, et nous nous sommes vite retrouvés à 15 personnes. Il a fallu faire des choix. L’aventure est alors devenue 100 % familiale suite au départ de notre associé.

 

Pourquoi avoir choisi de travailler avec votre cousin ?

 

À la base, nous avions des liens familiaux assez forts, en partie grâce à notre grand-père. De fait, nous nous connaissons très bien. Bien que très différents, nous sommes aussi très complémentaires. En unifiant nos forces, nous pensions pouvoir compenser les défauts de l’un par les qualités de l’autre, et vice versa !

 

Par ailleurs, l’entrepreneuriat fait partie de notre culture familiale : les uns sont dans la charpente, les autres dans la maîtrise d’œuvre… Pour nous lancer dans l’aventure, nous avons donc fait le choix de l’entreprise familiale. La famille, c’est bien pour partager les victoires et les difficultés. Ainsi, il y en a toujours un pour remonter le moral de l’autre ! Tout seul, ça n’a pas la même saveur.

 

Comment vous répartissez-vous les tâches dans l’entreprise ?

 

Commercial dans l’âme, j’ai des compétences en communication et en marketing et suis capable de mener des réunions importantes. Mais je ne suis pas très ordonné ! Mon cousin Jérémy est quant à lui très rigoureux et organisé. Il sait mettre en place des processus, gérer la comptabilité et la trésorerie… Il est plus dans l’opérationnel et le déploiement de solutions, et me laisse volontiers sa place dans les grandes réunions ! La répartition des rôles s’est donc établie naturellement. En cela, se connaître depuis l’enfance a été un véritable atout.

 

Quels sont les avantages de ce lien familial ? Et ses inconvénients ?

 

Comme on se connaît très bien, on se contente d’être nous-mêmes. On ne va pas essayer de changer l’autre ! Par ailleurs, on se dit tout, ce qui n’est pas forcément le cas avec de simples collègues. Cette sincérité nous permet d’avancer sainement. Mais il faut être capable d’accepter la critique, et ne pas être rancunier !

 

Quand nous nous voyons en dehors du travail, ce qui est fréquent, nous avons choisi d’un commun accord de ne pas parler de l’entreprise. Et finalement, on y arrive plutôt bien. Nos conjointes y veillent aussi ! De ce fait, travailler ensemble n’a jamais affecté nos relations personnelles. Mais attention, ce n’est pas donné à tout le monde.

 

Chantier BCI

 

 

Et concrètement, comment votre relation a-t-elle évolué au sein de cette collaboration ?

 

J’ai une petite anecdote à ce sujet. Quand les aides à l’isolation des combles ont changé, nous avons fait des choix commerciaux qui se sont avérés être des erreurs. Mon cousin avait alerté, mais je n’ai pas entendu ses remarques. Quand nous avons fait le point, ça a été difficile !

 

Confronter nos deux points de vue nous permet de nous remettre en question quotidiennement et de réagir plus rapidement. Nous sommes ainsi dans une dynamique qui nous permet de nous adapter plus facilement tous les jours.

 

Comme nous ne venions pas du bâtiment, nous avons également choisi de créer sur mesure un métier qui nous ressemble. Ce qui nous a aussi amenés à faire des choses que nous ne connaissions pas. Mais ça a fonctionné ! En 4 ans, notre entreprise familiale compte aujourd’hui 160 collaborateurs. Ce qui n’était pas du tout prévu au départ !

 

Bâtir une entreprise familiale qui vous ressemble, comment cela se traduit-il dans la relation avec vos salariés ?

 

Pour nous, c’est avant tout une question de valeurs. À commencer par la qualité du travail bien fait. Vu le nombre de contrôles que nous avons pour une isolation des combles, c’est essentiel  ! Nos clients s’en aperçoivent, et nous avons de ce fait très peu de SAV à réaliser.

 

Le bien-vivre ensemble est également primordial dans notre entreprise. Nous faisons en sorte que nos salariés prennent du plaisir à venir travailler. Quand on perçoit une baisse de motivation, on s’efforce d’en comprendre la raison. C’est pourquoi nous passons les certifications de type Happy At Work. Si les clients sentent que les salariés sont heureux au travail, c’est bon pour la relation client, et inversement.

 

Quand nous avons commencé, inculquer les valeurs de l’entreprise était très simple. Aujourd’hui, avec le développement des effectifs, nous ne sommes plus en contact direct avec les collaborateurs sur le terrain et pilotons l’activité par l’intermédiaire de managers et responsables. Nous sommes donc moins agiles qu’avant. Ce qui ne veut pas dire que nous aimons moins ce que nous faisons ! Mais de temps en temps, nous avons besoin de nous reconnecter avec les équipes et les clients en allant sur le terrain.

 

Avez-vous des astuces à nous livrer pour travailler efficacement en famille ?

 

Avant même de lancer le projet, il est important d’avoir une discussion franche et honnête sur les attentes et envies de chacun. Il faut pouvoir partager une vision à long terme de l’entreprise. De notre côté, nous avions passé en revue tous les scénarios : que fait-on si l’entreprise grandit, ou au contraire si elle périclite ? Jusqu’à quel âge souhaitons-nous travailler ?...

 

Lorsque l’entreprise est créée, chacun doit aussi pouvoir trouver sa place sans marcher sur les plate-bandes de l’autre, et il faut se faire confiance. Sans confiance, c’est compliqué ! Il faut savoir faire abstraction des défauts de l’autre, et accepter les erreurs. Selon moi, le pire est d’intervenir dans les décisions de l’autre. Cela brouille le message vis-à-vis des employés.

 

Comment voyez-vous la suite de l’aventure BCI ?

 

Nous sommes plutôt optimistes pour l’avenir ! Aujourd’hui, nous souhaitons surtout stabiliser et pérenniser notre structure. Nos objectifs à court terme : pouvoir nous rapprocher du terrain et continuer à renforcer nos partenariats. L’accompagnement et la visibilité nationale apportés par Effy nous permettent aujourd’hui de lisser notre activité sur l’année grâce à l’obtention de chantiers supplémentaires. Étant un acteur majeur au sein de la filière, Effy est devenu pour nous un vrai partenaire stratégique.

 

Rose Colombel

Journaliste pour Effy

Journaliste passionnée par le secteur du bâtiment, je vais à la rencontre des professionnels depuis près de sept ans. Convaincue que valoriser votre secteur et ses métiers est un effort collectif, celui de toute une filière, je vous donne la parole et vous informe sur l’actualité avec enthousiasme et humilité.

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