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« Le label RGE doit s’ajuster au fur et à mesure que le marché se transforme », Philippe Pelletier

Par Rose Colombel

Publié le 19/10/2021 à 13h42, mis à jour le 20/10/2021 à 09h34

L’Espace Bretagne du salon Artibat accueillait, vendredi 15 octobre, la 32e assemblée générale du Plan Bâtiment Durable. A cette occasion, Philippe Pelletier, son président, est revenu sur les travaux menés par l’entité, et sur les tendances sectorielles, notamment en termes de rénovation énergétique. Si la dynamique de travaux se poursuit, le nombre d’entreprises labellisées RGE s’inscrit à la baisse. Une situation qui interpelle la Capeb. Précisions.

Philippe Pelletier s’est dit « très heureux » de retrouver les acteurs du bâtiment « en dehors de Paris (…). Cela nous permet de voir des visages différents et surtout de mesurer quel est l’état de perception du grand projet de notre société vers des bâtiments durables, avec ses succès et ses difficultés, dans les territoires qui se rassemblent ici ».

 

La rénovation énergétique des logements a rythmé les débats. Les intervenants ont tout d’abord révélé les chiffres clés du troisième trimestre 2021 : + 5 % pour la rénovation classique et + 5,5% pour la rénovation énergétique. Un contexte « très favorable », a souligné Jean-Christophe Repon, président de la Capeb. « Le marché augmente, et nous avons un rôle prépondérant là-dedans. La rénovation en masse ne pourra se faire que par l’artisanat ».

 

Philippe Pelletier s’est quant à lui félicité du « changement d’échelle » de la rénovation. Grâce aux dispositifs MaPrimeRénov’ et Habiter Mieux Sérénité portés par l’Anah, 800 000 logements auront été rénovés, a-t-il souligné.

Des entreprises RGE moins nombreuses

Si l’activité progresse, la filière relève que le nombre d’entreprises RGE est quasiment stable. Il aurait même baissé de 10 000 en deux ans. Deux milliards d’euros de marché seraient ainsi captés par 56 000 entreprises RGE, « ce qui n’est pas audible pour nous », a insisté Jean-Christophe Repon.

 

« Nous devons élargir le spectre et donc réfléchir à une simplification pour les entreprises dites vertueuses et compétentes. Le but étant qu’on ait de plus en plus d’entreprises RGE qui répondent à la demande ».

 

Car le problème est bien là. Les démarches administratives pour accéder au label restent « complexes » et coûteuses, notamment pour les toutes petites entreprises artisanales.

L’audit « chantier par chantier » pour redynamiser le label RGE

Philippe Pelletier a partagé l’idée que le label RGE devait encore évoluer. « Il est clair que les ménages ont aujourd’hui acquis, pour un bon nombre d’entre eux, un niveau de maturité, de capacité d’information et d’accès au conseil, qui les conduit, je l’espère, à prendre des décisions plus efficaces. Il faut en face, que l’on trouve des entreprises plus nombreuses pour les satisfaire dans un délai plus court, sans sacrifier le niveau d’expertise et de performance ».

 

« Cela veut dire tout simplement que le label RGE est un succès qu’il faut requestionner régulièrement. C’est un sujet qui est appelé à s’ajuster, à se préciser au fur et à mesure que le marché se transforme », a-t-il poursuivi.

 

Comment attirer davantage de candidats vers le label RGE ?

 

L’audit « chantier par chantier » peut être une solution, a estimé Jean-Christophe Repon.

 

💡 Pour rappel, cette expérimentation lancée début 2021 pour une durée de deux ans, permet aux entreprises non RGE, de faire bénéficier leurs clients des aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, CEE…). Pour éviter toute dérive, les entreprises doivent justifier d’une activité d’au moins deux ans. Et elles ne peuvent prétendre au dispositif que pour un maximum de trois chantiers.

 

Philippe Pelletier et Jean-Christophe Repon

Philippe Pelletier et Jean-Christophe Repon. Assemblée générale du Plan Bâtiment Durable, 15 octobre 2021.

 

Pour la Capeb, cet audit est à privilégier. Le syndicat appelle ainsi les organismes qualificateurs que sont Qualibat, Qualit’EnR et Qualifelec à accorder une attention particulière au dispositif.

 

Sécuriser le parcours des ménages, donner de la lisibilité aux aides, et de la visibilité aux clients, notamment en termes de retour sur investissement, est également important. « Il nous est souvent reproché l’absence de marché, mais l’artisan ne fait pas le marché. La demande vient du client ». « Si au bout du dixième appel, l’artisan entend qu’il ne travaillera pas parce qu’il n’est pas RGE, il fera la démarche. L’artisan est pragmatique, c’est toute cette réflexion qu’il faut que l’on mène », a expliqué le président de la Capeb.

 

Rencontre

En ce sens, l’accompagnement des professionnels est crucial. La Capeb évoque par exemple la possibilité d’externaliser la partie administrative des dossiers RGE. Elle revient en outre sur OSCAR, un programme CEE porté par l’association ATEE.

 

L’expérimentation, qui sera prochainement déployée dans trois régions, a pour objectif de former d’ici 2024, 6 000 Référents Aides à la Rénovation (RAR) pour informer les entreprises artisanales sur tout le territoire national.

Travailler ensemble

L’Assemblée générale du Plan Bâtiment Durable a finalement abordé la question de la rénovation globale. Si la Capeb ne peut être « contre » cette vision de massification et d’offre globale, elle insiste : « Il ne suffit pas de décréter que c’est la loi pour que ce soit une réussite de marché. Notre rôle en tant qu’artisan, c’est de faire valoir la réalité du marché, et la réalité de notre quotidien d’artisan ».

 

Jean-Christophe Repon a ainsi rappelé que la Capeb défendait « un parcours de rénovation » qui permette « geste par geste, année après année » d’améliorer la performance énergétique des logements.

 

Ce parcours exige que les différents corps d’état collaborent. « Le travailler ensemble nous parait maintenant mature », a-t-il précisé ajoutant cependant qu'il était nécessaire pour la filière de pouvoir créer des groupements momentanés d’entreprises. Un sujet également porté par le Plan Bâtiment Durable. « Il est impératif d’inventer un groupement temporaire d’entreprises où il y ait une responsabilité conjointe mais pas solidaire », a conclu Philippe Pelletier.

Rose Colombel

Journaliste pour Effy

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