DPE : pourquoi les stations balnéaires du Nord sont les plus mal classées ?
Alors que la France sort de son deuxième épisode de fortes chaleurs, la question du confort dans les logements est plus que jamais d'actualité, y compris sur les lieux de vacances. Effy a étudié la part de logements classés F ou G dans les 50 principales stations balnéaires françaises. Une analyse qui révèle un paradoxe : les stations du Nord concentrent les passoires thermiques, tandis que le confort d'été reste peu pris en compte dans le calcul du DPE.
Quelles sont les stations balnéaires qui comptent le plus de passoires thermiques ?
En ce début d’été, Effy a dressé pour vous son fameux classement des stations balnéaires avec le plus de passoires thermiques. Cette fois encore, ce sont les villes du Nord qui comptent le plus de logements classés F ou G : Trouville-sur-Mer, Deauville, Honfleur, Berck et le Touquet-Paris-Plage sont en tête de file du classement.

Trouville-sur-Mer et Deauville, grandes gagnantes du palmarès, comptent chacune plus de 20% de passoires thermiques, alors que la moyenne nationale s'établit autour de 9%. Les autres stations balnéaires du top 10 affichent un taux de passoires thermiques compris entre 9% et 12%.
Les stations balnéaires du Nord surreprésentées
Les stations balnéaires du Nord sont ainsi surreprésentées dans le classement, occupant plus des 2/3 du top 10. Comment expliquer ce chiffre ?
Pour commencer, plusieurs des stations balnéaires historiques dans le nord de l’hexagone sont constituées d’un parc immobilier ancien, et donc plus complexe à rénover, car soumis à certaines réglementations liées à la protection du patrimoine.
Mais ce n’est pas la principale explication. Le calcul du DPE tient compte de la zone climatique de la ville dans laquelle est située le logement, et des besoins en chauffage associés. À l’inverse, il ne prend pas en compte les consommations d’énergie liées aux besoins en climatisation, ni l’inconfort thermique en été. Ce dernier est mentionné dans le DPE, mais n’entre pas dans le calcul de la note. Les logements mal isolés sont donc davantage pénalisés dans les régions froides.

Un classement révélateur des limites du DPE face aux fortes chaleurs ?
Les stations balnéaires localisées dans le Sud ou l’Ouest de la France affichent donc un taux de passoires globalement inférieur à celles du Nord. Toutefois, la mesure du confort dans les logements des stations balnéaires ne peut se limiter à la seule information du DPE, puisqu’un logement du Sud peut être très inconfortable l'été sans être classé F ou G.

Ce constat pose question, alors que la France vient de connaître un épisode caniculaire particulièrement intense, pour la deuxième fois cette année et ce alors que l’été a officiellement démarré depuis quelques jours seulement.
Avec la multiplication des canicules, le DPE est-il capable de refléter le confort thermique réel des logements tout au long de l’année ? Si les consommations liées au chauffage sont prises en compte dans le calcul de DPE, celles liées à la climatisation, dont les demandes sont en forte hausse (cinq fois plus importantes qu'il y a deux ans, d’après les demandes enregistrées par Effy), doivent-elles également compter dans la balance ?
Une chose est sûre, si vous êtes à la recherche de confort thermique pendant vos vacances cet été, le DPE ne suffit pas : ce sont les tendances climatiques de la région qu’il faut étudier !
Méthodologie de l'étude Effy : Sélection des villes : classement des 50 stations balnéaires françaises dotées des plus grandes capacités hôtelières en 2025 – Source INSEE. Recensement des passoires thermiques : logements dotés d’un DPE entre F et G identifiés à partir de la base « Outil statistique DPE » de l'ADEME, consultée en juin 2026.








