Chaudière fioul

Etude : Observatoire Effy des tendances du chauffage au fioul

En France, des millions de ménages dépendent du fioul pour se chauffer au quotidien. Une source d’énergie privilégiée en zones rurales et périurbaines, économiquement vulnérables et sans possibilité de raccordement au gaz. Avec l'interdiction de nouvelles installations et le remplacement progressif de ces systèmes de chauffage qui devrait débuter dès le 1er janvier 2022, quelles alternatives se profilent pour les ménages concernés ?

 

Effy, N°1 dans l'accompagnement des particuliers dans leurs travaux de rénovation énergétique, apporte des données chiffrées. Découvrez la carte d’identité du chauffage au fioul en France et la réalité du terrain grâce à une enquête menée auprès de ses clients chauffés au fioul.

1# La carte d’identité du chauffage au fioul en France

Combien de logements sont touchés par la fin du chauffage au fioul, annoncée à l’issue du Conseil de défense écologique du 27 juillet 2020 ? Que révèle la répartition inégale de cette source d’énergie sur le territoire ? L’éclairage d’Effy, cartes et graphiques à l’appui !
 

 

🏠 1 maison individuelle sur 6 concernée

 

Ce sont autant de foyers dont le confort thermique repose principalement sur le recours au combustible dérivé du pétrole. Le fioul domestique en France alimente : 
 

  • 12 % des logements (1)
  • 16 % des maisons individuelles (1)
  • 3,5 millions de résidences principales (2)


👉 Cela fait du fioul la 3ème énergie de chauffage du pays derrière le gaz de ville et l’électricité.


 

 

 

🏠 Combustible d’une France rurale et isolée 

 

Si la consommation en fioul domestique tend à diminuer depuis ces 40 dernières années (3), elle persiste dans certaines zones périurbaines et dans les campagnes. Leurs points communs ? La plupart sont exposées aux hivers les plus rigoureux de l’Hexagone, à l’image du Grand Est ainsi que des régions montagneuses frontalières de la Suisse et de l’Italie. La « diagonale du vide », qui court du nord-ouest au sud-est, affiche également d'importants besoins en chauffage sur fond de vulnérabilité économique et sociale. À cela, s'ajoute l’absence de raccordement au gaz de ville et la difficulté de chauffer une maison mal isolée à l’électricité. Le fioul s'est donc imposé comme l'unique solution.

 

À l’inverse, les métropoles se sont très tôt tournées vers le gaz de ville, puis vers l’électricité depuis les Trente Glorieuses. Cette dernière option, bien que coûteuse, reste envisageable dans les zones les plus urbanisées avec de petites surfaces habitables et des bâtiments offrant une meilleure étanchéité.
 

 

 

👉 Vers la fin du fioul ? Découvrez les alternatives pour votre logement.

 

 

🏠 Une facture de chauffage compétitive au m²  

 

Les foyers chauffés au fioul en consomment en moyenne 2 000 litres par an, soit 2 mètres cubes, pour une surface de 100 m². Les maisons récentes, plus résistantes au froid, affichent une dépense moyenne de seulement 100 L par mois, contre 500 L mensuels dans l'habitat ancien. 

 

Le fioul domestique est issu du raffinage du pétrole. Sa courbe de prix est donc étroitement liée à l'évolution du coût du baril de Brent. À cela, s'ajoute la fiscalité avec la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) et la TVA. 

 

Des dépenses annuelles élevées qu’il convient de ramener à la surface moyenne des habitations concernées. Il s'agit à 80 % de maisons individuelles (4) et les espaces à chauffer sont conséquents. Le fioul domestique reste alors plus économique que le chauffage électrique. 
 

 

🏠 La dépose, aussi chère que l'installation ? 

 

Une chaudière fioul à très haute performance énergétique (THPE) coûte entre 6 000 € et 7 000 €, pose comprise. 

 

Le prix d’une cuve à fioul varie de 500 € à 1 500 €, selon les dimensions, auxquels s’ajoutent une centaine d’euros de coût d'installation. 

 

Quant au retrait d’un équipement de chauffage au fioul, il faut compter entre 1 000 € et 1 500 € afin de couvrir les frais de nettoyage, de dégazage et d’enlèvement. 


 

 


Pour encourager le remplacement de ces systèmes à fort impact environnemental, l’aide MaPrimeRénov’ distribuée par l’Anah finance en partie la dépose d’une cuve à fioul avec : 
 

  • 400 € versés aux ménages aux revenus standards ;
  • 800 € pour les foyers aux revenus modestes ;
  • et 1 200 € accordés aux revenus très modestes. 


Une empreinte carbone importante

 

En termes d'émissions de gaz à effet de serre, le fioul se positionne en tête. Cette énergie fossile est directement issue du pétrole et représente l'un des combustibles les plus polluants. Pour assurer la fonction de chauffage domestique, le fioul entre en combustion et émet des gaz nocifs pour l'environnement.


Par exemple, pour la consommation d'un kWh de chauffage, le fioul émet 324 gCO2e de gaz à effet de serre. Pour la même quantité de chauffage, une chaudière au gaz en émet 227. Cela devient encore plus intéressant avec un pompe à chaleur et un chaudière bois. Elle produisent respectivement seulement 49 et 30  gCO2e.

 

 

 

⚡ Tendances : à la baisse ! 

 

En 2019, les ventes de fioul domestique ont connu un recul spectaculaire de 6,1 % par rapport à l’année précédente, à températures hivernales pourtant équivalentes (4). Le combustible est délaissé à la faveur d’autres sources d’énergie. Elles alimentent différents systèmes de chauffage qui ont le vent en poupe, comme les pompes à chaleur ou les chaudières à bois. Chaque année, le nombre de foyers français chauffés au fioul diminue. La baisse cumulée sur la période 2009 - 2018 atteint 24 %. 

 

(1) Insee. Les acteurs économiques et l'environnement. 2017. p.30 
(2) gouvernement.fr : Les actions du Gouvernement
(3) Insee. Les acteurs économiques et l'environnement. 2017. p.160
(4) statistique.developpement-durable.gouv.fr. DATA LAB Ventes de produits pétrolier en 2019. p.3

2# Enquête : Effy interroge ses clients qui se chauffent au fioul

Effy a interviewé lors d'une vaste enquête 1 500 familles chauffées au fioul. Dans l’ensemble, ces ménages qui consacrent chaque année un budget à 4 chiffres pour leur chauffage, sont prêts à troquer leur vieille chaudière fioul pour un système plus performant. Mais dans la réalité, ils manquent de moyens et d’informations. 
 

 

Des systèmes majoritairement coûteux et vieillissants 

Les ¾ des ménages chauffés au fioul ont une chaudière de plus de 15 ans. Des équipements pour la plupart vieillissants, entraînant des budgets conséquents : 64 % dépensent entre 1 000 € et 2 000 € par an pour leurs achats de fioul, tandis que 12 % dépassent les 2 000 € annuels.


 

 

 

Le remplacement envisagé avec une préférence pour la PAC air-eau

Face à ces difficultés, 63 % des répondants prévoient de remplacer leur chaudière fioul. Le nouvel équipement le plus cité est de loin la pompe à chaleur, privilégiée à 75 %. Ses partisans se prononcent à 45 % en faveur du système air-eau et n’accordent que peu de considération aux modèles hybrides intégrant une chaudière fioul performante (5 %). 
 

 

Le manque de moyens est la 1ère raison pour continuer à se chauffer au fioul

Pour le tiers restant, c’est principalement le manque de moyens financiers qui les pousse à conserver leur ancienne chaudière : 73 % déclarent ne pas avoir les moyens d'investir dans un nouvel appareil, et seulement 14 % trouvent que le fioul reste la meilleure solution.


 

 

 

Manque d’information sur les alternatives au fioul 

Plus de la moitié des familles interrogées ignorent le montant des économies réalisables grâce à ces travaux et seuls 51 % savent qu’ils peuvent bénéficier d’aides importantes pour leur projet. 
 

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