Portrait robot des passoires thermiques en 2026
Le 1er janvier 2026, le calcul du DPE a été complètement revu, faisant sortir 700 000 logements du statut de “passoire thermique”. Conséquence : les caractéristiques des passoires énergétiques (notées F ou G) ne ressemblent pas toujours à ce qu’on imaginait ! On vous dévoile leur portrait-robot en 2026.
Passoires thermiques : presque un logement sur dix en 2026
Une passoire thermique est un logement particulièrement énergivore, c'est-à-dire que ses besoins en énergie sont élevés par rapport à sa surface habitable. Ces logements sont identifiables par un DPE noté F ou G. Le diagnostic de performance énergétique mesure la consommation en énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, et identifie ses caractéristiques de chauffage et d’isolation.
Les passoires thermiques représentent 9 % des logements en France, dont :
- les deux tiers classés F,
- le tiers restant classé G.
Si on s’en tient aux seules maisons individuelles, le “taux de passoires” monte même à 14 %.
C’est le nombre de passoires énergétiques en France en janvier 2026, sur les 37 millions de logements au total.
Leurs points communs :
- des factures de chauffage importantes,
- des émissions élevées de CO₂,
- un confort dégradé pour les occupants.
Logement énergivore : 1 foyer modeste sur 5 concerné
Vivre dans une passoire thermique concerne davantage les ménages modestes : ils ont deux fois plus de risques d’habiter dans un logement énergivore que la moyenne de la population. Ces foyers ont un risque élevé d’être confrontés à la précarité énergétique puisqu’elles cumulent des revenus moindres et des besoins énergétiques élevés à cause des caractéristiques de leur logement.
Cependant, habiter dans une passoire thermique n’est pas propre aux ménages précaires : dans chaque catégorie de revenus, au moins 12 % des Français vivent dans un logement noté F ou G.
Contrairement à une idée reçue, les logements du parc social sont moins énergivores que ceux du parc privé : presque deux fois moins de passoires thermiques en proportion !
27 % des passoires situées en Île-de-France
Du côté de la répartition géographique, on observe une surreprésentation de l’Île de France, qui regroupe 27 % des passoires, alors que seuls 22 % des logements y sont situés. Juste derrière, on retrouve les régions Rhône-Alpes-Auvergne et Hauts-de-France qui ont un taux de passoires thermiques supérieur à la proportion des logements qu’elles regroupent.
Pour expliquer cette surreprésentation de la région francilienne, on peut mentionner plusieurs pistes :
- le parc de logements est plus ancien,
- il y a davantage de locataires que dans les autres régions,
- les rénovations sont plus complexes et coûteuses en général (accès difficile, contraintes liées au patrimoine, etc.).
A l’inverse, les régions Provence Alpes Côte d’Azur et Occitanie regroupent chacune seulement 5 % des passoires thermiques du pays, contre 8 % des logements au total : elles sont favorisées par la prise en compte d’un climat hivernal plus doux qui entraîne un besoin de chauffage moindre.
40% des logements chauffés au fioul sont des passoires thermiques
Le mode de chauffage est déterminant dans la note finale : le calcul du DPE pénalise fortement les équipements de chauffage peu performants, anciens ou polluants. Ce sont donc les logements chauffés au fioul qui se retrouvent le plus fréquemment dans les notes F et G :
Une isolation insuffisante pour 92 % des passoires thermiques
Sans surprise, la qualité de l’isolation évaluée dans le DPE est notée “insuffisante” dans 92 % des cas pour les passoires thermiques, tandis que cette évaluation “d’isolation insuffisante” n’est que de 47 % sur l’ensemble des logements.
De même, le “confort d’été” (capacité du logement à faire face à de très fortes chaleurs) est jugé insuffisant pour 59 % des logements G et F, alors que cette appréciation ne concerne que 18 % des logements toutes classes confondues.
Quels sont les impacts de la réforme du calcul du DPE du 1er janvier 2026 ?
Le 1ᵉʳ janvier 2026, le calcul du DPE a évolué pour améliorer automatiquement la note des logements chauffés à l’électricité. L’objectif est de cibler l’effort de rénovation sur les logements chauffés aux énergies fossiles (gaz, fioul). Selon le ministère de la Transition écologique, environ 700 000 logements sont sortis ainsi du statut de passoire thermique par ce nouveau calcul. Les biens concernés, anciennement étiquetés F ou G, sont reclassés en E, voire D, sans avoir eu besoin de faire des travaux.
Tout savoir sur le nouveau DPE au 1er janvier 2026 : lire notre article dédié
Les différentes réformes de calcul du DPE peuvent être une bonne nouvelle à court terme pour certains propriétaires. Mais cela ne doit pas faire perdre de vue pour autant que cette modification ne change en rien le confort ou le budget énergie, et que des travaux de rénovation pourraient être bénéfiques pour leur logement !
Sources :
- Les données concernant la part des passoires, leurs caractéristiques et leur localisation sont issues de https://observatoire-dpe-audit.ademe.fr/, le site édité par l’ADEME qui répertorie l’intégralité des DPE réalisés en France. Elles se rapportent à la période 1er janvier 2026-24 février 2026.
- Les données concernant les revenus des ménages sont tirées d’une étude du SDES (service des données et études statistiques) des ministères chargés de l’environnement, de l’énergie, de la construction, du logement et des transports, datant de novembre 2025.









