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Rénovation énergétique : des bienfaits qui sont aussi sanitaires

Les rénovations énergétiques sont souvent appréhendées sous leur prisme carbone et énergétique mais rarement pour les bienfaits sanitaires qu’elles apportent. C’est tout l’enjeu d'une partie du rapport de France Stratégie sur l’évaluation socioéconomique des effets de santé des projets d’investissement public ainsi que de la synthèse du Ministère de la Transition écologique  intitulée « Rénovation énergétique des logements : des bénéfices de santé significatifs »[1].

Ce rapport[2] met notamment en exergue les logements et les publics les plus exposés ainsi que le coût sanitaire lié au mal logement.

Rénover son logement, c’est économiser sur sa facture mais aussi pour sa santé !

La santé liée au logement : une préoccupation des ménages et des professionnels.

Bien que peu mis en avant, la santé dans le logement est un sujet important pour les ménages occupants tout comme pour beaucoup de professionnels du secteur. Selon une enquête de « Bâtiment Santé Plus » et de l’ordre national des architectes[3], la préoccupation sanitaire des acteurs du secteur progresse puisque la proportion des acteurs interrogés, intégrant les sujets santé dans tous leurs projets, est passée de 25% à 41% entre 2000 et 2015 puis à plus de 50% en 2021.

Selon l’enquête réalisée par Cogedim fin 2021[4], les Français sont sensibles à ce sujet puisque 8 Français sur 10 auraient affirmé que leur logement a un impact majeur sur leur santé. Cette étude met également en exergue qu’un Français sur deux se dit prêt à payer plus cher pour un logement plus sain. Comme l’explique l’étude de France Stratégie et la synthèse réalisée par le Ministère de la Transition écologique, les problèmes d’expositions continues à des températures basses mais également à l’humidité et aux pathologies du logement (moisissures) peuvent avoir des conséquences sanitaires (respiratoires) pour les occupants de ces logements. Non traité par l’étude, l’impact sanitaire du logement est également lié à celui des nuisances sonores où la performance acoustique du logement est une dimension importante.

Logements les plus exposés : les passoires thermiques occupées par les plus précaires

Selon le rapport précité, les logements dans lesquels apparaissent les problématiques sanitaires sont ceux disposant des plus faibles performances thermiques et qui sont occupés par des ménages qui ont des difficultés à se chauffer. Ainsi, les occupants « des 5 % des logements les plus énergivores, en particulier à faible revenu, sont exposés à un risque accru pour leur santé ».

Sans surprise, les logements impactant davantage la santé de leurs occupants sont surtout les passoires thermiques occupées par les ménages en situation de précarité énergétique. Pour rappel, la précarité énergétique concerne 5,6 millions de ménages[5].

En termes de performance énergétique, le rapport estime que les logements dont les occupants sont susceptibles de souffrir de problèmes de santé liés à leur inefficacité énergétique sont ceux dont la consommation finale pour 3 usages[6]est située au-delà du seuil de 378 kWh /m² par an. Cela représente 1,3 million de logements qui présentent un risque santé significatif pour les occupants

Les externalités négatives sur les coûts de santé des logements peu performants

Le rapport de France Stratégie et du Ministère de la Transition écologique estime le coût moyen sanitaire lié à des températures intérieures basses à 134 600 euros et la probabilité moyenne de souffrir d’un problème de santé dans les logements inefficaces dans les douze prochains mois à 1 sur 18[7]. Cette probabilité s’élèverait même à 1 sur 4 pour un ménage sous le seuil de pauvreté monétaire. A l’aune de ces éléments, l’étude établit un coût moyen annuel de santé qui atteindrait 7 500 euros par an dont 5 700 € de coût social lié à la mortalité, 1 400€ de perte de bien-être et 400€ de dépenses de santé.

Les bénéfices des rénovations énergétiques.

La rapport et la synthèse précitées quantifient les bénéfices sur la santé des rénovations énergétiques. Ainsi, la rénovation énergétique des 1,3 million de logements visés précédemment à un niveau de consommation au moins égal de 225 kWh/m2/an[8] permettrait d’éviter le décès de 2 200 personnes chaque année. La rénovation énergétique de l’ensemble des passoires thermiques permettrait d’éviter un coût de santé de 10 milliards d’euros.

Selon le Scenario de l’Initiative Rénovons[9], dont Effy est membre, l’amélioration de l’état de santé des ménages précaires vivant dans des passoires énergétiques permettrait 700 millions d’euros d’économies annuelles pour le système de soins, dont 614 millions d’euros pour la Sécurité Sociale, auxquels s’ajoutent les économies de frais de santé liés aux autres ménages dont le logement est rénové. Au total les économies réalisées par la Sécurité Sociale, grâce à l’élimination des passoires énergétiques, sur la période 2020-2060, seraient de 9 milliards d’euros.




Cette étude de France Stratégie  et du Ministère de la Transition écologique mettent en exergue la problématique du mal logement et des conséquences sanitaires des logements énergétiquement inefficaces. Peu mise en avant, les économies de santé pour les ménages et les finances publiques sont pourtant conséquentes comme en témoigne ces éléments. Rénover son logement c’est faire des économies d’énergie, réduire ses émissions de CO2 mais aussi mieux vivre dans son logement !

[1] Rénovation énergétique des logements : des bénéfices de santé significatifs – THEMA – Ministère de la Transition écologique
[2] L’évaluation socioéconomique des effets de santé des projets d’investissement public - France Stratégie - Ministère de la Transition écologique - Mars 2022
[3] Diagnostic Bâtiment Santé 2021 - Bâtiment Santé Plus & Ordre des Architectes
[4] Etude COGEDIM - Les français, le logement et la santé - novembre 2021

[5] Observatoire National de la Précarité Energétique : estimation de 5,6 millions de ménages est obtenue en additionnant les populations en précarité énergétique (liée au logement) suivant trois indicateurs dont le taux d’effort énergétique supérieur à 10 % réduit aux trois premiers déciles
[6] Chauffage, ECS, Climatisation
[7] méthode HHSRS
[8] 3 usages précités
[9] Coûts et bénéfices d’un plan de renovation des passoires énergétiques en 10 ans – Initiative Rénovons ! - 2020

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