“A chaque pays, son énergie” : l’Italie

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Dans la nécessaire course à la transition énergétique, tout le monde n’occupe pas la même place. Cet été, Effy prend le large et effectue un petit tour d’horizon européen en matière d’énergies renouvelables et de rénovation énergétique. Aujourd’hui, cap sur l’Italie ! Comment s’en sortent nos voisins transalpins en la matière ?

Le paquet climat-énergie, établi en 2014 à l’horizon 2030, fixe des objectifs communs aux pays de l’Union Européenne en termes de transition énergétique, dont réduire de 40% des gaz à effet de serre par rapport à 1990, atteindre 32% de part d’énergies renouvelables ou encore améliorer de 32,5% l’efficacité énergétique du pays. Les 28 membres de l’UE sont sommés d’oeuvrer en ce sens, mais ce but collectif repose aussi et surtout sur la responsabilité individuelle de chacun. Qu’en est-il en Italie ?

État des lieux

Chez nos voisins transalpins, des bons points récents côtoient des faiblesses historiques. Les besoins en énergie du pays sont à la baisse alors que son PIB augmente, et il consomme moins d’énergie que la moyenne des membres de l’UE. En revanche, l’Italie a une dépendance énergétique très forte, de l’ordre de 76% en 2016 : c’est 30% de plus qu’en France, par exemple.

 

Pour ce qui est de la part des énergies renouvelables dans sa consommation, l’Italie a été longtemps mauvaise élève, mais rattrape rapidement son retard. En 2004, cette part était de 6,4% pour la consommation finale d’électricité. En 2015, elle s’élevait à 17,5%, dépassant déjà son objectif de 17% fixé à l’horizon 2020.

Un pays en transition

En 2019, le gouvernement Comte a transmis à la Commission européenne son projet de plan national énergie-climat à l’horizon 2030, avec des objectifs ambitieux qui démontrent la volonté du pays d’effectuer sa transition écologique et développer son usage des énergies renouvelables. Certains sont même plus élevés que ceux fixés au niveau européen. En voici plusieurs exemples :

 

👉Tripler la production du solaire et doubler celle de l’éolien

👉Doubler la production de pompes à chaleur

👉Abandonner le charbon d’ici 2025

👉Réduire de 39% les émissions de gaz à effet de serre, et de 63% d’ici 2050

 

Pour atteindre son but, l’Italie prévoit une enveloppe de pas moins de 175 milliards d’euros d’investissements. L’un des piliers principaux sur lequel compte s’appuyer le pays, pour l’abandon du charbon notamment, est le développement de la production de gaz naturel, via des projets de gazoduc, entre autres.

 

D’autres éléments encore prouvent que le pays et ses acteurs fournissent de réels efforts à plusieurs niveaux. Enel, un géant du secteur énergétique, a annoncé en 2018 vouloir construire entièrement sa stratégie sur le développement durable, notamment en abandonnant ses unités de production les plus polluantes et en augmentant massivement ses investissements dans les énergies renouvelables. Dans la même lignée, la société privée d’hydrocarbures Eni a déclaré en 2020 revoir totalement son mode de fonctionnement d’ici 2050 dans le but de réduire son empreinte carbone. L’activité va donc progressivement abandonner les énergies fossiles pour se tourner vers le durable, et l’entreprise se fixe des objectifs chiffrés conséquents à atteindre, comme celui de réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre en trente ans.

 

Des mesures législatives et étatiques sont aussi venues accentuer cette orientation “verte”. Une loi de finance votée en 2018 a instauré des déductions fiscales pour les particuliers venant récompenser proportionnellement l’efficacité énergétique de leur logement. En outre, pour répondre aux directives européennes de transition énergétique, l’Italie aussi son dispositif de Certificats d'Économies d’Énergie (CEE) : il s’agit des TEE, Titoli di Efficienza Energetica.

 

On le comprend, nos voisins de l’autre côté des Alpes ont des ambitions fortes en matière de transition énergétique, et comptent se donner les moyens de les honorer. Reste à voir si les objectifs à l’horizon 2030 seront aussi bien tenus que les derniers.

 

 

Amandine Martinet

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