Changement d’heure : quelles économies d’énergie ?

 

Dimanche 29 mars 2020, nous passons à l’heure d’été. Ce dispositif, censé nous faire faire des économies d’énergie, est aujourd’hui de plus en plus décrié. Effy démêle le vrai du faux et vous donne le réel impact du changement d’heure sur notre consommation énergétique.

 

Avance-t-on ou recule t-on d’une heure ? Va-t-on dormir plus ou moins ? Chaque année, les traditionnels changements d’heure soulèvent les mêmes questionnements. Pour aller plus loin, interrogeons-nous sur la réelle utilité de cette mécanique. Si cette dernière est supposée nous permettre d’économiser de l’énergie, est-ce vraiment le cas ?

L’heure d’été en 2020

Chaque année, à deux reprises, les habitants des pays membres de l’Union Européenne doivent avancer ou reculer d’une heure leurs montres à l’occasion du changement d’heure. Le passage à l’heure d’hiver a lieu le dernier week-end d’octobre, et le passage à l’heure d’été le dernier week-end de mars.

 

Ainsi, ce dimanche 29 mars à 2h du matin, nous allons perdre une heure de sommeil en avançant notre réveil de 60 minutes, passant donc directement à 3h du matin.

Petite histoire du changement d’heure

Même si des variations horaires avaient déjà été mises en places auparavant pour diverses raisons, le dispositif tel qu’on le connaît aujourd’hui a été instauré en France en 1975, deux ans après le premier choc pétrolier, une catastrophe économique mais aussi écologique pour les pays de l’occident.

 

C’est le début des politiques d’économie d’énergie en Europe, et le changement d’heure, proposé par l’Ademe (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), en est une des mesures emblématiques. La mécanique a été harmonisée à l’échelle de l’UE à partir de 1998.

 

L’objectif affiché du changement horaire est d’adapter l’ensoleillement naturel à nos activités, afin de nous faire utiliser le moins possible les autres sources d’énergie. L’argument principal avancé pour justifier le mécanisme est donc de nous faire faire des économies d’énergie en limitant notre utilisation de l’éclairage artificiel.

Est-ce que ça marche vraiment ?

C’est indéniable, le gain en énergie occasionné par le changement d’heure existe. Cependant, il devient moindre au fil des années selon les chiffres du ministère de l’Industrie, d’EDF et de l’Ademe :

 

  • En 1996, l’économie de consommation en électricité lié au changement d’heure était estimé à 1200 Gwh (gigawatt-heure) par an
  • En 2009, ce gain d’énergie est passé à 441 Gwh par an
  • En 2016, nous ne serions plus qu’à 351 Gwh par an

 

 

Aujourd’hui, la diminution de notre consommation d’énergie n’est donc que faiblement impactée par le changement d’heure. On considère que ces dernières années, le gain ne représente que 0,07% de la consommation totale d’électricité en France. Néanmoins, le coût de cette mesure est faible, et l’Ademe souligne que cela permet au moins de faciliter la gestion du réseau électrique en France, par exemple en faisant face aux pics de consommation au mois d’avril.

 

Il existe d’autres moyens de réaliser des économies d’énergie qui se révèlent être encore plus efficaces. Les projets de rénovation énergétique dans votre logement notamment — retrouvez sur Effy toutes les informations sur les travaux réalisables chez vous et leur impact — ou l’utilisation d’ampoules à basse consommation, par exemple.

Les causes de ce gain limité

Le problème concernant l’heure d’été est assez logique. Des économies sont bel et bien permises le soir, l’ensoleillement étant prolongé et le besoin d’éclairage artificiel repoussé. Mais le matin, le lever du soleil étant fatalement lui aussi retardé, cela peut nous pousser à allumer notre lumière plus tôt et la chaleur étant moins forte, notre consommation de chauffage (au moment de prendre une douche, par exemple) peut elle aussi augmenter.

 

Bien évidemment, les chiffres de l’économie d’énergie sont variables et soumis à de nombreux facteurs. Nul doute, entre autres, que les mesures de confinement actuelles auront un impact significatif sur notre consommation.

Quel avenir pour le dispositif ?

C'est le leit motiv de ces dernières années : la suppression du changement d’heure. L’opinion publique se prononce largement pour, d’après un grand questionnaire en ligne lancé en février 2019 par la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale : 84% des Français se disent favorables à la fin du changement d’heure. La majorité souhaite rester à l’heure d’été (59% des interrogés).

 

La Commission européenne a donc proposé l’an dernier d’en finir avec le dispositif. Le Parlement Européen a acté cette décision en mars 2019, mais tous les pays de l’Union Européenne doivent se mettre d’accord sur un fuseau horaire à adopter. Le processus reste long et ne sera pas effectif avant octobre 2021.

 

Amandine Martinet