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Vers une redéfinition du “logement de qualité” en 2021

Par Amandine Martinet


Mardi 09 février 2021, la ministre déléguée au Logement a confié une mission à François Leclercq et Laurent Giacometti, deux spécialistes de l’aménagement urbain, visant à définir ce qu’est un bon logement. Une sorte de norme à atteindre pour le bien-être des particuliers (vous !) Alors, qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui dans les habitations en France, et comment y remédier ?

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L’étroitesse des habitations en ligne de mire

 

Le constat majeur de François Leclercq, architecte et urbaniste français, est simple : les logements en France sont trop petits. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 24 avril 2020, l’architecte, accompagné d’Odile Seylan et Jacques Lucan — deux collègues engagés dans le même combat — dénonce la course aux petits lieux de vie sur l’ensemble du territoire français : “Les surfaces très réduites sont devenues une norme, une habitude, de Paris intra-muros à la petite ville de province”.

 

Une observation consolidée lors du premier confinement du pays, en mars 2020 : dans une interview accordée au Moniteur au mois d'octobre, François Leclercq déplore “l’exiguïté des logements”, constatée par exemple lors des réunions Zoom organisées durant cette période.

 

En effet, pendant le confinement, plus d'extension possible du logement privé à l’extérieur (dans les parcs, sur les terrasses…), désormais interdit de passage en quasi-permanence : “le logement devient notre univers, notre monde”, une réalité qui se poursuit encore aujourd’hui avec l'avènement du télétravail. A l’heure où nous passons de plus en plus de temps chez nous, il est plus que jamais nécessaire de repenser la taille et la qualité de ces espaces.

 

L’ennui, c’est que cette étroitesse du lieu de vie semble être une caractéristique bien de chez nous. En effet, l’urbaniste affirme que “l’habitat en France est plus petit que chez tous nos voisins européens”. Aujourd’hui, un T3 en France fait généralement aux alentours de 60 m², voire moins, tandis que dans le reste de l’Europe, la plupart des trois pièces dépassent les 75 m².

 

Un défaut qualitatif global

 

Est-ce qu’un logement petit est fatalement synonyme de mauvais ? Pas nécessairement. Mais de l’avis de François Leclercq, en France, les habitations sont aussi exponentiellement réduites qu’elles sont généralement mal conçues. En cause notamment, une course à la réduction des coûts de construction des logements qui mettent toujours plus à mal leur qualité : “dimension des fenêtres systématiquement réduites, prolongations extérieures très limitées, disparition de pièces essentielles comme la cuisine, le plus souvent remplacée par un coin cuisine, et surtout diminution du nombre de cages d’escalier et d’ascenseurs qui produisent ainsi beaucoup de logements mono-orientés, donc mal ventilés et faiblement ensoleillés”, peut-on lire dans la tribune du Monde.

D’où vient ce problème ?

 

Le souci de taille habitable des logements français est en grande partie dû à la flambée des prix au mètre carré : fait particulièrement vrai dans les agglomérations à la démographie dense, mais aussi ailleurs sur le territoire. Compétition accrue entre les promoteurs, investisseurs peu soucieux du caractère viable des biens achetés — puisqu’assurés à raison de trouver preneurs —, coûts de production ajustés en fonction de la surface… C’est cet ensemble de facteurs qui fait qu’il n’est pas impossible de passer plusieurs années de sa vie (ça vous est arrivé ?) dans un 15 mètres carrés parisien payé 600 € par mois.

Ce que préconise François Leclercq

La solution évoquée par l’architecte dans le Moniteur : établir de nouvelles normes pour le logement privé en France, lesquelles sont encore trop peu nombreuses à ce jour. Déjà, selon lui : “désormais, un T3 devra faire, au minimum 70 m²”. L’idée est également de donner la possibilité aux villes de créer leur propre charte pour fixer les normes des habitations sur leur territoire auprès des promoteurs immobiliers : en termes de surface, mais aussi par exemple de hauteur ou d’orientation.

Une mission pour faire changer les choses

Mardi 09 février 2021 avait lieu la deuxième édition d’“Habiter la France de demain”, une journée d’échange entre des élus et la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon. L’objectif ? Définir les principaux enjeux à venir pour les villes du territoire, et les moyens de les faire évoluer dans le bon sens pour les années futures. Parmi les décisions retenues de cette journée, privilégier la rénovation plutôt que la construction, favoriser l’éco-conception, réintégrer la nature dans les espaces urbains… Mais aussi l’élaboration de ce projet de “nouveau référentiel du logement de qualité”, dont la rédaction est confiée à Laurent Girometti, directeur général de l'établissement public d'aménagement Epamarne, et à François Leclercq.

 

Ce document, qui doit être prêt d’ici l’été 2021, doit "permettre de faire évoluer nos pratiques, d'inverser la tendance au logement toujours plus petit, tout en tenant compte des enjeux sociaux, économiques et environnementaux" selon la ministre.

 

Reste donc à voir quel sera le contenu de ce référentiel, quelles nouvelles normes seront créées pour le parc immobilier français, et quel impact cela pourrait avoir sur votre qualité de vie au quotidien.

 

 

Amandine Martinet

Amandine Martinet

Journaliste web pour Effy

Journaliste diplômée de l’Institut Français de Presse, je suis passionnée par les questions liées à la transition énergétique et à l’habitat. Ma mission ? Écrire pour vous aider à être bien chez vous au quotidien !

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