Consommation d'énergie : ce qu'ont changé ces 55 jours

 

À l’heure de la reprise progressive des activités en France, il est temps de faire un bilan énergétique dans le pays : a-t-on plus ou moins consommé pendant le confinement ? Qu’est-ce qui a évolué dans le secteur ? On fait le point.

 

Le 11 mai 2020 a marqué la fin de 55 jours parfaitement inédits dans l’Histoire, mais aussi et surtout dans le quotidien de chacun d’entre nous. Assignés à résidence, nul doute que nous étions nombreux à ne jamais avoir passé autant de temps entre les quatre murs de notre logement ! Ce bouleversement a nécessairement eu un impact sur nos usages, énergétiques notamment. Voici ce qu’il faut en retenir.

Une chute de la consommation d’électricité...

Voilà une suite logique du quasi-arrêt de la vie économique en France pendant le confinement. Selon des chiffres de RTE (Réseau de Transport d'Électricité) relayés par France Stratégie le 22 avril dernier, la consommation journalière d'électricité dans le pays a connu une baisse de l’ordre de 15 à 20% “à conditions météorologiques équivalentes”. Ces taux sont similaires à ceux atteints lors des jours fériés ou des vacances, même si la situation n’est comparable avec aucune autre : "une telle variation de la consommation d'électricité sur un laps de temps aussi court est inédite", précise l’entreprise.

 

On peut ajouter que le temps particulièrement clément en France pendant le confinement a lui aussi joué dans la consommation globale : plus de chaleur, moins de chauffage !

… mais des factures plus élevées

Attention, ce ralentissement de la consommation d’énergie est surtout valable pour le monde de l'industrie et des entreprises. Chez nous, le constat n’est pas le même.

 

En effet, des usages particulièrement énergivores ont explosé pendant la quarantaine.

 

👉Le trafic internet a augmenté de 70% dans le monde entier selon des chiffres d’une étude d’Omdia largement relayée à la fin du mois de mars. Des jeux vidéo en plein boom à l’utilisation prolongée des plateformes de streaming, nous avons été sur-connectés !

👉Nous avons aussi passé beaucoup de temps sur notre smartphone. Selon une étude Oppo Mobile réalisée fin mars, 62% des interrogés ont affirmé passer "beaucoup ou un peu plus de temps qu'avant" sur leur téléphone, qu’il a donc fallu recharger plus fréquemment.

👉Les appareils ménagers (lave-linge, lave-vaisselle, four...) ont fonctionné à plein régime, bien plus que d’habitude pour la plupart d’entre nous.

 

Malheureusement, tout cela pourrait bien nous coûter cher. Selon une étude de l’entreprise Selectra, cet ensemble de facteurs pourrait engendrer jusqu’à 97€ de plus sur notre facture d’énergie sur un mois, pour un logement de 120m². N’oubliez pas qu’il existe des gestes simples du quotidien qui peuvent vous aider à réduire votre consommation et lutter contre cette tendance !

Pour aller plus loin 💡

Le rythme de consommation au cours de la journée a été bouleversé par le désormais fameux stay at home. D’après les informations de RTE, si habituellement le pic de consommation d’électricité des ménages se situe vers 8h du matin, lorsque les Français commencent leur journée, il a été nettement décalé en temps confinés pour se trouver aux alentours de 13h, à l’heure du déjeuner. Une preuve de la chute vertigineuse de l’activité du matin !

Quel avenir pour les énergies renouvelables ?

Sur-offre contre demande dégringolante, la crise liée à la pandémie de Covid-19 a fait littéralement chuter le prix des énergies fossiles telles que le pétrole, qui s’est même vendu à perte à New-York le 20 avril dernier.

 

En parallèle, le marché des énergies renouvelables est lui resté stable, et a même pu tirer son épingle du jeu. Comme le précise RTE, “le fonctionnement des marchés européens de l'électricité conduit à faire fonctionner en priorité les moyens de production à coût variable nul ou très faible comme l'éolien, le solaire ou l'hydraulique fil de l'eau”. Nombreuses filières liées aux énergies vertes ont donc été au rendez-vous pendant le confinement, telles que les entreprises de production de bois énergie ou encore l’éolien, qui “a représenté plus de 20% de la production électrique sur le réseau français” fin mars, selon un communiqué publié par France Énergie Éolienne.

 

A présent, il existe de nombreuses interrogations quant aux choix qui seront fait post-confinement. Les défenseurs d’une “relance verte”, s’appuyant sur les énergies renouvelables, craignent que la transition énergétique soit menacée par les bouleversements des marchés. En effet, la relance économique pourrait vouloir s’appuyer sur des énergies fossiles à prix cassés... mais aussi et surtout beaucoup plus polluantes !

 

Les jeunes notamment espèrent un lendemain de crise éco-responsable. Un baromètre hebdomadaire mis en place chez les 18-30 ans par 20 Minutes avec OpinionWay et HEYME démontre que les sondés privilégient l’environnement à 49% comme priorité du gouvernement pour les prochains mois, devant même les questions de santé.

Pensons à la rénovation énergétique ! 🙂

Nul doute que l’épidémie de coronavirus a eu et continuera à avoir un impact fort sur les questions liées à l’énergie. Si vous souhaitez agir dans votre logement, sachez que vous pouvez faire le choix de la rénovation énergétique : travaux d’isolation, changement de votre système de chauffage… Cela vous permettra de réduire vos factures, aider la planète et gagner en confort !

Amandine Martinet

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