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L’Ademe et le CSTB imaginent ensemble les bâtiments de demain

Par Rose Colombel

Publié le 26/01/2022 à 15h45, mis à jour le 22/07/2022 à 13h38

Après « Transition(s) 2050 », l’Ademe dévoile les résultats d’une nouvelle démarche prospective menée en partenariat avec le CSTB. 4 scénarios y sont proposés pour imaginer les bâtiments de demain. Zoom sur ces travaux collaboratifs.

L’Ademe et le CSTB mènent des travaux depuis deux ans pour anticiper les avenirs possibles pour le bâtiment et l’immobilier, à l’horizon 2050. Mardi 25 janvier 2022, les organismes ont présenté leur démarche. Baptisée « Imaginons ensemble les bâtiments de demain », cette « boîte à outils » s’articule autour de 4 scénarios tenant compte de 22 facteurs parmi lesquels le changement climatique, la transition démographique, les évolutions des usages ou encore les mutations technologiques.

 

L’initiative vise à « donner à chaque acteur du bâtiment et de l’immobilier toutes les clés pour les aider à mieux se projeter dans les grandes mutations à venir », a expliqué Arnaud Leroy, Président de l’Ademe.

 

« L’immobilier est une activité de temps long et à très forte intensité capitalistique. Il faut plusieurs années pour construire un bâtiment et plusieurs décennies pour le rentabiliser. (Ndlr : Les acteurs) ont besoin de se projeter et de pouvoir anticiper l’évolution de l’offre et de la demande », a ajouté Etienne Crépon, Président du CSTB.

 

Les travaux vont se poursuivre, ont-ils annoncé. « Nous sommes à même de les enrichir par une analyse quantitative et les approfondir sur la question des ressources et de l’économie circulaire. Bien évidemment, l’avenir ne sera pas tel ou tel scénario. Il sera un mélange de chacun d’entre eux. Il sera ce que nous déciderons collectivement qu’il soit », a souligné Etienne Crépon.

Une démarche qui inspire les filières bâtiment et immobilier

La présentation de la démarche prospective a compté sur l’intervention d’Emmanuelle Wargon, ministre du Logement. « Lancée en 2019, cette démarche est intéressante à plusieurs titres. Elle répond à un enjeu essentiel d’accroître la connaissance et le traitement des bâtiments dans tous leurs aspects », a-t-elle déclaré.

 

Elle a également relevé « la méthode et le processus utilisés » pour ces travaux. En effet, les filières bâtiment et immobilier ont largement contribué à l’initiative. Composé de 15 membres, le comité de prospective a réuni des ingénieurs, des économistes, des sociologues ou encore des acteurs de la ville. « C’est en confrontant les points de vue que nous progresserons ».

Quels sont les différents scénarios imaginés ?

Voici les 4 scénarios prospectifs :

 

Difficile de tout faire : les acteurs du bâtiment et de l’immobilier ne parviennent pas à faire face à l’ensemble des défis qui se présentent à eux. Les ménages comme les entreprises ne peuvent financer les adaptations nécessaires du bâti. Les innovations se diffusent lentement. Le parc évolue de manière contrastée et les bâtiments ne répondent pas entièrement aux exigences nouvelles.

 

Le bâtiment comme service : les acteurs du bâtiment et de l’immobilier s’adaptent rapidement aux défis de la transition écologique et de la croissance démographique. Le bâtiment devient de plus en plus un service grâce notamment aux solutions numériques. Une mutation qui s’appuie aussi sur une industrialisation forte permettant des rénovations et des déconstructions pour reconstruire la ville sur la ville.

 

Rééquilibrage(s) : la préservation de l’environnement et l’anticipation des crises systémiques deviennent des priorités. La rénovation des bâtiments s’accélère et apparaît comme une filière attractive qui offre des voies de reconversion professionnelle.

 

Pénuries : les acteurs du bâtiment et de l’immobilier se retrouvent bloqués, privés de financement, de ressources humaines, de matériaux… Ils adoptent des stratégies individuelles ou à petite échelle pouvant aller jusqu’à la recherche d’autonomie des bâtiments vis-à-vis des réseaux. Le territoire et la société se fractionnent. Les bidonvilles et occupations sauvages se multiplient tandis que les ménages aisés investissent pour maintenir leur confort.

Être agile pour répondre aux mutations

Quel que soit le scénario, les acteurs du bâtiment et de l’immobilier devront faire preuve d’agilité pour répondre aux défis de demain.

 

« Le mix des scénarios amènera du progrès », a estimé François Pétry, directeur général, LafargeHolcim et président de la Filière Béton, rappelant que l’industrie était d’ores et déjà engagée, notamment en matière de solutions bas carbone, compatibles avec les matériaux biosourcés.

 

Du côté de l’énergie, Alexis Masse, délégué stratégie, GRDF, a indiqué : « La pluralité des scénarios nous permettent de nous projeter sur des lignes de force du futur très différentes. Nous n’aurons pas de difficulté à verdir le gaz. Il y a plusieurs procédés, plusieurs intrants. La France a un grand potentiel ». Des solutions hybrides existent déjà. « Nous ne sommes plus sur une opposition mais plutôt sur une complémentarité des énergies ».

 

« Le bâtiment de 2050 aura des produits que l’on commercialise aujourd’hui », a souligné Benoit Coquart, directeur général, Legrand et Président, IGNES. « La numérisation du bâtiment va permettre de réduire les consommations d’énergie, de simplifier la vie des habitants. Il faut que les solutions améliorent la productivité du bâtiment », a-t-il dit, se référant également au bâtiment « sensoriel », où le confort de l’usager serait priorisé.

 

Olivier Delépine, vice-président Buildings & Channels, Schneider Electric France et président du Comite Smart Up Bâtiments, Gimélec, a lui aussi réagi au scénario « Le bâtiment comme service » qui permettra « d’accélérer un certain nombre de mutations et d’amortir un certain nombre de problématiques ». « Mais cela demande un changement de perception pour passer de la notion d’occupant du bâtiment à une notion d’usager ».

 

Il s’agit bien là de remettre « l’humain au centre des usages », a ajouté Marc Brévière, directeur stratégie, communication et expérience client, Aldes. Après tout, « nous passons plus de 80% de notre temps dans les bâtiments », a-t-il rappelé.

Rose Colombel

Journaliste - Responsable de contenus pour Effy

Journaliste passionnée par le secteur du bâtiment, je vais à la rencontre des professionnels depuis sept ans. Valoriser votre secteur et ses métiers est un effort collectif, celui de toute une filière. C'est avec enthousiasme et humilité que je vous donne la parole et vous informe sur l’actualité.

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