Autoconsommation solaire résidentielle : installer moins pour stocker plus
Il y a un an le Gouvernement s’engageait dans une refonte du cadre de soutien au photovoltaïque, et notamment du marché résidentiel. Depuis lors le marché de l’autoconsommation résidentielle accuse un net repli à l’issue d’une année 2025 particulièrement instable. Une instabilité qui semble profiter au stockage résidentiel. Décryptage.
Une année 2025 pleine de tâtonnements
En 2026 le marché du solaire fêtera les 20 ans du fameux arrêté tarifaire solaire S06 du 10 juillet 2006, ancêtre de l’actuel S21 dont la réforme fêtera bientôt son premier anniversaire. Une réforme qui a profondément bouleversé le soutien au marché résidentiel de l’autoconsommation solaire (0-9 kWc) en réduisant par trois le tarif d’achat du surplus et par deux le montant de la prime à l’investissement.
Une baisse en vigueur depuis le T2 2025 et dont les effets ont démultiplié le repli du marché déjà amorcé à la mi-2024. Sur 12 mois glissants, le nombre de nouvelles installations en autoconsommation individuelle a reculé de près de -60%, avec 20 000 nouveaux projets enregistrés par Enedis au T4 2025 contre 54 000 au T4 20241. Soit une baisse moyenne de -25% des nouvelles installations depuis l’entrée en vigueur du nouveau cadre de soutien au printemps.
Le marché de l’autoconsommation avec stockage s’envole
Ce recul du marché résidentiel de l’autoconsommation masque toutefois la dynamique infra du marché de l’autoconsommation individuelle avec stockage. D’après les dernières données révélées par Enedis, les nouvelles installations avec stockage ont augmenté de près de 167% entre le T4 2024 et le T4 2025. Un essor sans précédent qui traduit le nouveau paradigme du marché résidentiel : maximiser son taux d’autoconsommation face à un tarif d’achat du surplus figé à 4cts€/kWh dans le cadre de l’obligation d’achat (OA).
Alors que la part d’installations avec stockage est restée sous les 2% sur la période 2021-2024, elles représentaient 14% des nouveau projets enregistrés par Enedis au T4 2025.
Cette explosion de l’autoconsommation avec stockage est la conséquence directe de la volonté du Gouvernement de maximiser le taux d’autoconsommation des installations résidentielles, et donc le coût de l’OA desdites installations. Une volonté traduite par la réforme du cadre de soutien S21 et confirmée dans la philosophie de la TVA à 5,5% en vigueur depuis le 1er octobre 2025.
Le stockage au cœur de la mission Lévy-Tuot
Justement la question du stockage d’électricité est actuellement au cœur d’une mission confiée par le Premier ministre à l’ancien PDG d’EDF. Cette mission Lévy-Tuot doit notamment proposer d’ici le printemps « des pistes d’amélioration concernant le stockage d’électricité et les moyens de flexibilité ». Si le stockage résidentiel représente à date un faible volume de capacité, son potentiel de développement à l’avenir pourrait justifier son inscription au champ de la mission Lévy-Tuot.
La question du cadre de soutien au stockage résidentiel pourrait également être posée. Alors que le Royaume-Uni vient d’annoncer la prolongation jusqu’au 31 mars 2027 de sa TVA à taux zéro pour l’installation d’une batterie résidentielle, un taux normal à 20% continue de s’appliquer en France alors même que les batteries participent à réduire le coût de l’OA et équilibrer le réseau. Pire, un rescrit publié fin 2025 au BOFIP considère que certaines installations photovoltaïques avec batteries se voient pénaliser et appliquer un taux à 20%. Une incohérence fiscale qui nous l’espérons sera soulignée par la mission Lévy-Tuot.
[1] Données Open Data Enedis. Périmètre : installations avec injection du surplus et installations sans injection.








