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Plan de relance : 7 milliards d’euros pour la rénovation énergétique

Le gouvernement a annoncé jeudi 03 septembre les lignes directrices de sa stratégie de reprise économique à la suite de la crise sanitaire de la Covid-19. Une politique largement tournée vers une “relance verte”, et où notamment la rénovation des bâtiments prend une importance inédite. Voici ce qu’il faut en retenir.

C’était une communication très attendue depuis plusieurs semaines : l’annonce du fameux — et nécessaire — plan de relance du gouvernement a eue lieu jeudi 03 septembre 2020 à la première heure. Au total, ce sont 100 milliards d’euros qui sont mis sur la table par l'État pour un double objectif : sortir le pays de la récession économique dans laquelle il s’est plongé à cause de l’épidémie de Coronavirus, mais plus encore, “préparer la France à l’horizon 2030” selon des éléments de langage maintes fois repris par l’exécutif.

 

La somme avancée est accompagnée de 70 mesures “qui doivent permettre de retrouver, d’ici à fin 2022, le niveau de richesse que nous avions avant la crise” comme il est dit à Matignon.

Près d’un tiers du budget pour la transition énergétique

Le plan annoncé, baptisé "France Relance" par le gouvernement, comporte trois grands piliers : la compétitivité et l’innovation (réindustrialisation, soutien aux entreprises), la cohésion sociale et territoriale (emploi et formation) et la transition écologique.

 

Fait marquant de la nouvelle, donc, une partie conséquente de cette somme sera allouée à la transition énergétique : pas moins de 30 milliards d’euros seront consacrés à ce qui a été appelé la “relance verte”, soit l’accompagnement du pays vers la transition écologique. Plus précisément, 7 milliards d’euros seront consacrés à la rénovation énergétique des bâtiments en subventions publiques, dont 4 milliards pour le public (écoles, universités, hôpitaux…) et 2 milliards pour la rénovation des logements individuels.

 

Les trois autres grands pôles de dépenses compris dans les 30 milliards de relance verte sont les transports, l’énergie et les technologies vertes et la transition agroécologique. L’Etat a ainsi souhaité diriger son action vers les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre — transport, bâtiment, industrie et agriculture —, et trouver une cohérence avec les différents objectifs de lutte contre le réchauffement climatique tels que l’Accord de Paris de décembre 2015.

La transition énergétique représente ainsi 30% du budget total du plan de relance du gouvernement.

Un levier d’action concret : MaPrimeRénov’

Voici l’arme du gouvernement Jean Castex pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments en France : la nouvelle aide financière MaPrimeRénov’. Créée au 1er janvier 2020, cette subvention importante concerne aujourd’hui les ménages aux revenus modestes et très modestes. Elle a pour but de leur apporter un soutien financier pour les aider à se lancer dans des projets de travaux chez eux : isolation thermique du logement ou changement d’un vieux système de chauffage pour un équipement plus écologique, par exemple.

 

Dès 2021, MaPrimeRénov’ sera ouverte à tous les particuliers, sans conditions de ressources, y compris pour les bailleurs. L’objectif est de massifier l’accès à ce coup de pouce à la transition énergétique pour encourager un plus grand nombre de Français à rénover leur bien. En élargissant ce dispositif, l’Etat souhaite aussi proposer une aide budgétaire simple, rapide à obtenir, et conséquente. Pour cela, l’enveloppe allouée à la subvention va être largement gonflée, de plus de 100% pour atteindre les 2 milliard d’euros en 2021 (elle est de 490 millions d’euros cette année, en comptant le crédit d’impôt à la rénovation énergétique).

 

Les 100 milliards d’euros du plan de relance de l’Etat seront débloqués entre 2021 et 2022. Nul doute qu’ils promettent des changements majeurs dans la société, et ce notamment pour la rénovation énergétique du parc immobilier français et pour la transition écologique en général, qui devrait connaître une “accélération sans précédent” selon les mots du gouvernement.

 

 

Amandine Martinet

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