Pourquoi la majorité des logements en montagne échappe aux aides à la rénovation ?
En montagne, un phénomène persistant met en lumière les limites des politiques de rénovation énergétique : une majorité de logements anciens, souvent appelés « lits froids », restent peu occupés et très énergivores tout en étant exclus des principaux dispositifs d’aide. Ce constat soulève des enjeux majeurs de confort, de précarité et d’attractivité territoriale dans des territoires déjà fragilisés par le changement climatique.
Un parc immobilier montagnard mal adapté et peu aidé
En zones de montagne, une part importante du parc immobilier, constituée de résidences secondaires ou d’hébergements saisonniers, n’est occupée que quelques semaines par an et reste souvent vide le reste du temps.
Ces logements dits de « lits froids » représentent une part très significative du parc, parfois jusqu’à environ 64 % des logements dans certaines stations.
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Ce parc ancien souffre d’une performance énergétique très faible : de nombreuses constructions, bâties il y a des décennies, sont mal isolées et classées F ou G selon le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces « passoires thermiques » génèrent des consommations importantes, des coûts de chauffage élevés et des conditions de vie difficiles en hiver, accentuant la précarité énergétique.
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Dispositifs d’aide: une aide malgré tout limitée en montagne
La France dispose de plusieurs dispositifs pour financer des rénovations énergétiques :
MaPrimeRénov’ (par geste ou rénovation d’ampleur), principal soutien public, versé en fonction des travaux et des revenus ;
Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), primes ou bonus pour certains travaux d’isolation ou de remplacement d’équipements ;
Éco-prêt à taux zéro, TVA réduite pour certains travaux, aides locales ou spécifiques.
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En montagne, la situation est d’autant plus complexe que la majorité des logements sont des résidences secondaires ou des hébergements saisonniers. Or, les principaux dispositifs de soutien à la rénovation énergétique sont avant tout pensés pour les résidences principales occupées à l’année.
Enjeux sociaux, climatiques et territoriaux
La situation des « lits froids » a des conséquences multiples :
précarité énergétique accrue, avec des logements difficiles à chauffer dans des climats rigoureux, impactant le confort et le budget des occupants occasionnels ou permanents ;
perte d’attractivité touristique et économique pour des stations qui peinent à remplir un parc d’hébergements vieillissant ;
objectifs climatiques difficiles à atteindre, alors que la réduction des consommations énergétiques dans le résidentiel reste un levier essentiel de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.









