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Sans accompagnement, pas de rénovation performante ?

Par Rose Colombel

Publié le 06/01/2022 à 10h43, mis à jour le 06/01/2022 à 12h54

L’Ademe et le Plan Bâtiment Durable organisaient, le 4 janvier dernier, un webinaire sur le thème de la rénovation globale des logements. Quelles sont les conditions de réussite d’une rénovation énergétique performante ? Quel intérêt représente ce marché pour les professionnels du bâtiment ? Eléments de réponse.

En introduction du webinaire, Jonathan Louis, ingénieur Bâtiment durable de l’Ademe, a rappelé ce qu’était une rénovation performante au sens de la loi Climat et Résilience, à savoir une rénovation « assurant le renouvellement de l’air » et ayant étudié :

 

  • 6 postes de travaux (isolation des murs, du plancher bas et de la toiture, remplacement de menuiseries extérieures, ventilation et production de chauffage / eau chaude sanitaire) 
  • Et les interfaces (interactions) associées à ces postes.

 

Cette rénovation doit permettre d’atteindre soit :

 

  • Une classe A ou B au titre du Diagnostic de Performance Energétique (DPE)
  • Un saut d’au moins deux classes si la classe A ou B n’est pas atteignable. Les 6 postes de travaux doivent avoir été traités
  • Au moins une classe C si le logement est très énergivore (classé F ou G avant travaux). Les 6 postes précités doivent avoir été étudiés.

Une rénovation globale en deux ou trois étapes

En 2021, l’Ademe a dévoilé les résultats de son étude « La rénovation performante par étapes ». Parmi les enseignements, l’importance de traiter les interactions entre postes de travaux « pour éviter les pathologies et atteindre un niveau BBC rénovation ». Est ainsi préconisé un parcours en « deux ou trois étapes cohérentes ». « Au-delà, il est difficile de gérer les interfaces ».

 

💡 Pour appuyer ses propos, Jonathan Louis a cité l’exemple de PERF IN MIND, un projet soutenu financièrement par l’Ademe. Cette campagne de mesure a été effectuée sur une centaine de maisons individuelles rénovées avec une ambition de niveau BBC minimum en une fois.

95% des rénovations ont atteint l’objectif initial en termes de consommation d’énergie. « Sur les quelques rénovations qui s’en écartent, nous avons observé des défauts, des postes ou des interfaces non traités… », a-t-il expliqué. Une bonne coordination sur les chantiers menée par un pilote (maître d’œuvre ou architecte, groupement d’entreprises, contractant général…) est indispensable.

 

« En termes de performance énergétique, nous savons faire des rénovations cohérentes avec la trajectoire climatique, des rénovations confortables qui ont permis à des ménages de sortir durablement de la précarité énergétique. Nous l’avons montré par le calcul et par des mesures », a déclaré Jonathan Louis.

 

« Nous savons le faire avec des technologies simples mais cela nécessite des financements, de l’accompagnement. Et c’est l’un des retours des études : Sans accompagnement, il n’y a pas de rénovation performante », a-t-il poursuivi.

Travailler ensemble

Artisan

Cécile Gracy, animatrice de secteur de l’Ademe, a de son côté rappelé à quel point l’écosystème des professionnels autour de ce sujet de la rénovation était « vaste et diversifié ». Comment mieux coordonner les acteurs au fur et à mesure que le paysage de la rénovation se complexifie ?

 

« Nous avons déjà trouvé des modèles pour réussir à faire travailler ensemble certains maillons de la chaine. Mais il y a probablement encore des choses à réinventer ». La rénovation globale exige par exemple une transformation des métiers et des compétences sur toute la chaîne de valeur.

 

« Nous savons faire du point de vue technique, du point de vue de l’ingénierie financière. Nous trouvons des moyens pour garantir la qualité mais il y a la question des volumes. Comment les augmenter ? ».

 

Il y a un besoin d’innovation pour sensibiliser les particuliers et les convaincre de passer à l’action, a-t-elle estimé. L’accompagnement du ménage décideur doit se faire sur le plan financier, technique et social. Le secteur doit également créer des passerelles avec d’autres enjeux, par exemple l’adaptation du logement au vieillissement.

Rénovation globale : comment convaincre le particulier ?

Si l’on parle de plus en plus de rénovation globale, le coût des projets peut freiner les ménages. Quels sont les arguments à avancer pour les rassurer ?

 

Outre le confort et les économies d’énergie, les notions de simplification sont à mettre en avant. Une rénovation globale simplifie le parcours, permet de mutualiser les coûts en réduisant le nombre d’étapes et apporte une solution clé en main.

 

Cécile Gracy est également revenue sur la valeur verte des logements. « De nombreuses études ont démontré que les rénovations ambitieuses faisaient prendre de la valeur à certains biens ». C’est aussi l’occasion d’anticiper les contraintes réglementaires.

 

Cette question de la rénovation va devenir de plus en plus incontournable

 

« Si l’on se place dans une perspective où l’on augmente le nombre de postes traités et où l’on renforce l’accompagnement, on accroît de fait le marché des travaux, et on voit bien qu’il y a un système gagnant-gagnant qui peut se mettre en place pour les acteurs ​​​​​​​».

 

Quelques difficultés sont cependant à prendre en compte. Une rénovation globale implique des travaux lourds sur une durée relativement longue ainsi que des modifications potentiellement importantes du logement. « C'est quelque chose à laquelle il faut préparer le ménage ». La maîtrise d’usage est aussi « un élément clé. Il faut inclure dans les offres un temps passé à former les occupants à la bonne gestion des systèmes », a conclu Cécile Gracy.

Rose Colombel

Journaliste pour Effy

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